Une Ouverture africaine et rythmée pour Jazz à la Villette 2018

31 août 2018 Par
Yaël Hirsch
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Ce jeudi 30 août, la Grande Halle de la Villette était en effervescence pour l’ouverture de l’édition 2018 de Jazz à la Villette. Au programme de la soirée : la révélation Tshege, Femi Kuti avec les explosifs BCUC et le grand Salif Keita.

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Un rayon de soleil et un espace bien aménagé accueillent la foule nombreuse venue célébrer le dynamisme de l’Afrique, lors d’une ouverture généreuse (plus de 3 heures de musique) et avec une affiche bluffante.

Tout était un peu inversé ce jeudi soir de pré-Rentrée et Jazz à la Villette a fait de choix de nous emmener du son le plus musclé à la douceur désormais classique de Salif Keita.

Repérés à We love green et aux Suds de Arles, les Tseghe et leur son sauvage, electro et métissé, nous ont tout de go fait danser. Avec leur mini-album Survivor, le duo de parisiens Faty Sy Savanet au chant et Nicolas Dacunha (alias Dakou) aux percussions, font en anglais une musique pleine d’âme et de force, où la rumba congolaise rencontre les influences du hip hop et de rythmes plus latins. Sur scène, la chanteuse est un véritable « Jaguar » (nom de son groupe initial) et l’ovation reçue par les Tseghe est bien méritée.

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C’est donc parfaitement échauffé que le public, un verre à la main, accueille les sud-africains de BCUC (Bantu Continua Uhuru Consciousness), qui, accompagnés par le saxophonistes Femi Kuti, nous ont complètement ensorcelés avec un flow presque gospel, une énergie parfaitement raccord avec celle des Tseghe et une générosité irradiante. Ça crie, ça hue, ça siffle et c’est essentiellement urbain, y compris dans la danse, entraînante et dans la manière dont les chanteurs s’approprient l’espace comme un fief. Cette musique, les BCUC l’ont baptisée « Africangungunu »: les percussions restent africaines, l’accent est mis sur les basses avec une maestria un peu mystique. Il y a même quelque chose de quasi-religieux qui se passe quand les chanteurs prêchent et détaillent le parcours de Nelson Mandela. Un concert vraiment hallucinant qu’on a eu du mal à quitter sur une reprise de « Assassins de la police ».

19f3aa0d-4dbd-4fa9-a98d-fb0dbaa53edfAprès tant d’énergie, la tête d’affiche de la soirée vient clôturer cette ouverture avec sagesse et douceur. Entouré de ses deux choristes en lumière, lui même habillé tout en couleurs, le malien Selif Keita, surnommé la « voix d’or de l’Afrique » et qui a chanté avec les plus grands de Cesaria Evora à Carlos Santana, en passant par Youssou N’Dour, a ses fans absolus auprès de lui. Ses apparitions sont rares et la présence du quasi-septuagénaire est douce et posée. Mais il est entouré de peu de musiciens, la bande-son l’emporte sur sa voix et dans un espace aussi grand que la Grande Halle, on le perd un peu.

Une légère déception que le souvenir du reste de la soirée fait vite oublier et qui ne nous empêchera pas de revenir assidûment à Jazz à la Villette jusqu’à sa clôture, le 9 septembre. Prochaine étape : ce vendredi 31 août, Avishai Cohen!

Visuels : YH