William Finnegan reçoit le prix America pour « Jours barbares »

29 juin 2017 Par
Sarah Lapied
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La nouvelle revue America, fondée par deux journalistes à l’occasion de l’élection de Trump, a décerné la première édition de son prix littéraire à William Finnegan pour ses Jours Barbares. Elle réunit tous les grands penseurs de la société américaine et de ses paradoxes, qu’ils ou elles soient écrivains, philosophes et journalistes. 

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Couverture du 1er numéro

Le début du mandat de Donald Trump a déjà modifié le visage de l’Amérique, plutôt en mal qu’en bien, mais il aura également donné naissance à une revue, America, trimestrielle et consacrée à cette nouvelle ère de l’histoire des Etats-Unis vue par les écrivains. Fondée par l’hebdomadaire « Le 1 » (lancé en 2014 par Eric Fottorino et qui traite chaque semaine une grande question d’actualité à travers les regards d’écrivains, de chercheurs, de philosophes ou d’anthropologues) et François Busnel, journaliste et critique littéraire, sa durée de vie est d’ores et déjà annoncée : 4 ans, c’est-à-dire la durée d’un mandat présidentiel américain. Pour le premier numéro de la revue en mars 2017, ses fondateurs avaient par exemple convié Toni Morrison, prix Nobel de littérature, figure féminine de la lutte anti-raciste, pour un grand entretien où elle analysait la société post-élection de Trump. Fottorino parle également de la « nomination d’un « clown » dont Marc Dugain dresse un superbe portrait édifiant et déglinguant » dans ce même premier numéro.

La toute jeune revue a décidé de créer son propre prix littéraire à l’occasion de la parution de son deuxième opus, nommé Prix America, et c’est William Finnegan, auteur de Jours Barbares, qui l’a reçu. Les neuf autres nominés étaient les suivants : L’Amérique défaite, portraits intimes d’une nation en crise, de George Packer (Éditions Piranah, traduction d’Étienne Dobenesque), Une mort qui en vaut la peine, de Donald Ray Pollock (Albin Michel, traduction Bruno Boudard), J’irai danser à Orlando, de Philippe Corbé (Grasset), Les Furies, de Lauren Groff (Éditions de l’Olivier, traduction de Carine Chichereau), Yaak Valley, Montana, de Smith Henderson (Belfond, traduction de Nathalie Peronny), Les Poilus, d’Harlem de Thomas Saintourens (Tallandier), Écrire pour sauver une vie: le dossier Louis Till, de John Edgar Wideman, (Gallimard, traduction de Catherine Richard-Mas), New York Odyssée, de Kristopher Jansma (Rue Fromentin, traduction de Sophie Troff)et Dans la forêt, de Jean Hegland (Gallmeister, traduction de Josette Chicheportiche). L’ouvrage autobiographique de Finnegan, qui est aussi reporter et surfeur, avait déjà remporté le prix Pulitzer en 2016. L’auteur y raconte son addiction à la glisse mais aussi le racisme dont il a été témoin à Hawaï.

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Le deuxième numéro d’America sera en kiosques le 28 juin, qui aura pour Une : «Trump, la maison flanche», avec pour special guests Salman Rushdie, Don DeLillo, dont le dernier roman, Zero K, sort à la rentrée,  ou encore Chimamanda Ngozi Adichie, auteure de We should all be feminists.

Visuels : DR