« Ultime partie » de Marc Dugain : un peu trop efficace

11 avril 2016 Par JB Geissler | 0 commentaires

Après « L’Emprise » et « Quinquennat », « Ultime Partie » est le dernier volet de la trilogie de l’Emprise, la saga politico-financière de Marc Dugain. Haletant et dense, il a tout d’un thriller efficace. Peut-être un peu trop même.

Note de la rédaction :

Ultime PartieLaunay, maintenant Président, essaie de se défaire de l’emprise qu’exercent sur lui ceux avec qui il s’est compromis pour arriver au pouvoir. Son éternel rival, Lubiak, cherche à s’allier avec Volone (l’industriel) et Corti (l’espion) pour contrer les manœuvres de Launay. En parallèle, Lorraine et Sternfall, victimes collatérales de la raison d’Etat (ou tout du moins la raison des puissants), essaient de ne pas finir totalement broyés par cette dernière.

Collusions, compromissions, corruption, trahisons, cynisme, démons intérieurs : tous les ingrédients d’un bon thriller politique sont réunis. Les résonances avec des événements et des personnages existants sont évidentes mais pas surjouées. Le rythme est parfaitement maîtrisé et les intrigues parallèles se dénouent (ou se renouent) avec fluidité.

Les personnages sont épais et on a pu à loisir les voir évoluer ou les connaître mieux au fil des trois livres. Marc Dugain sait faire varier les motivations de chacun et montre que l’ennui peut-être un moteur d’action aussi puissant que la soif de pouvoir.

Et pourtant, un sentiment d’incomplétude se dégage à la fin de la lecture des trois tomes.

« L’Emprise » est une trilogie efficace qui pourrait être transposée telle quelle en série ou en film. Et c’est peut-être là le problème. L’écriture, quasi-scénaristique, en vient à manquer de ce supplément d’âme que le support littéraire pourrait apporter.

Marc Dugain, Ultime Partie, Editions Gallimard, Mars 2016, 272 pages, 19,50€.

© visuel : couverture du livre


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