« Les petites filles » de Julie Ewa : très bon thriller sur fond de politique de l’enfant unique

20 février 2016 Par JB Geissler | 0 commentaires

Dans un thriller solidement mené et plaisant à lire, Julie Ewa développe une enquête sur les drames les moins avouables entraînés par la politique de l’enfant unique chinoise. Dans ce petit village isolé sont enfouis de dramatiques secrets et de profondes blessures qui, à plus de vingt ans de distance, sont encore vives.

Note de la rédaction :

petitesfillesLina, jeune étudiante strasbourgeoise solitaire et habitée par des démons intérieurs part en Chine en quête de perfectionnement linguistique et de sens. A peine arrivée, une rencontre va bouleverser son séjour : Thomas, un responsable d’ONG souhaite l’enrôler pour enquêter sur des disparitions d’enfant dans une région reculée de la Chine rurale. En remuant les secrets du passé, Lina va créer d’importants remous dans ce petit village, parfait théâtre pour un huis-clos haletant.

La description des drames personnels et des ravages sociaux (corruption, trafics,…) résultant de la politique de l’enfant unique est implacable. Elle plonge le livre dans une atmosphère oppressante particulièrement bien rendue par Julie Ewa.

L’écriture est fluide, assez légère pour ne pas entraver le récit et assez précise pour en faire ressortir les nuances. La structure, assez classique,  consistant à (la plupart du temps) alterner un chapitre de flashback et un chapitre d’action présente sait tenir le lecteur en haleine et fait habilement progresser l’intrigue en alternant les points de vue.

Les personnages sont parfaitement définis, et même les seconds rôles ont une épaisseur appréciable. Certes, on voit ça et là quelques grosses ficelles apparaître, comme la connexion entre les fêlures personnelles de Lina et les traumatismes qu’ont pu vivre les habitants de Mou Di. Un peu facile, mais rien qui ne mette en péril cet édifice bien structuré.

Julie Ewa, Les petites filles,  Albin Michel, Janvier 2016, 416 pages, 21,50€.

© visuel : couverture du livre


LAISSEZ UN COMMENTAIRE VIA FACEBOOK:

comments

Laissez un commentaire: