90 poètes pour dire Non au racisme et Oui à l’amour, aux éditions Bruno Doucey, toute la richesse du monde…

3 mars 2016 Par Le Barbu | 0 commentaires

« Si la poésie ne vous aide pas à vivre faites autre chose. Je la tiens pour essentielle à l’homme, autant que les battements de son cœur. » (Pierre Seghers). Bruno Doucey, poète, éditeur de poètes, est l’auteur de nombreuses anthologies, parmi lesquelles La poésie engagée (Gallimard, 2001) et L’insurrection poétique (éditions Bruno Doucey, 2015). Il est également l’auteur de deux romans de la collection « Ceux qui ont dit non »  chez Actes Sud Junior.

Vous l’avez compris, Bruno Doucey défend une poésie de combat, au nom du métissage de nos héritages culturels et humains pour bâtir un nouvel art de vivre ensemble, une poésie vivante et généreuse, ouverte et offerte à tous, une poésie qui ouvre nos horizons et nous rend plus forts ensemble. Ce nouvel art de vivre, cette richesse du monde, s’exprime à travers les textes choisis et rassemblés dans deux anthologies de la collection Poés’idéal : Chants du métissage et Quand on n’a que l’amour.

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Note de la rédaction :

Troisième titre de la collection Poés’idéal, Chants du métissage s’ouvre, avec Guy Tirolien ou Léon Gontran Damas, sur des chapitres mettant en évidence la souffrance que génèrent les discriminations raciales et qui font écho à deux extraits du Code noir (article 16 et 38, 1685).

« J’ai l’impression d’être ridicule / Parmi eux complice / Parmi eux souteneur / Parmi eux égorgeur / Les mains effroyablement rouges / Du sang de leur ci-vi-li-sa-tion » (Léon Gontran Damas, 1912-1978)

Mais très vite, les poètes de l’anthologie en appellent à légalité entre les hommes, au respect de la différence et aux valeurs universelles.

« Qui se connaît connaît aussi les autres, car chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition » (Montaigne)

Une internationale de la solidarité traverse ces pages ; et l’on se plait à découvrir les liens fraternels qui unissent les poètes d’hier (Césaire, Senghor, Jabès, Desnos) à ceux d’aujourd’hui (Andrée Chedid, Tahar Ben Jelloun, Nimrod, Maram al-Masri, Michel Baglin).

Une anthologie pour apprendre à se regarder, à se connaitre, à mieux vivre ensemble, et pourquoi pas, osons le dire, apprendre à s’aimer.

« Mon amour ma clarté ma mouette mon long cours / depuis dix ans je t’aime et par toi recommence / me change et me défais m’accrois et me libère / mon amour mon pensif et mon rieur ombrage / en t’aimant j’ouvre grand les portes de la vie / et parce que je t’aime je dis / Il ne s’agit plus de comprendre le monde / il faut le transformer / Je te tiens par la main / la main de tous les hommes » (Claude Roy, 1915-1997)

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Note de la rédaction :

Ça ressemble à quoi l’amour ? Comment le reconnaitre quand il pointe son nez à la fenêtre de notre vie ? Peut-on décider de tomber amoureux ? Comment savons-nous que nous aimons ? Cette irruption brutale du sentiment dans la vie, cette magie d’une présence, cette impression de vivre pleinement, c’est donc cela l’amour ?

Quand on n’a que l’amour… La chanson de Jacques Brel, présente dans ce quatrième titre des anthologies de la collection Poés’idéal, donne le ton au livre. Le recueil s’ouvre avec Arthur Rimbaud, Pablo Neruda, Louis Aragon et Gaston Miron, sur des textes qui évoquent la « longue attente » et la peur – si prégnante dans le cœur des adolescents – d’aimer sans être aimé.

« Nuit de juin ! Dix-sept ans ! – On se laisse griser. / La sève est du champagne et vous monte à la tête … / On divague ; on se sent aux lèvres un baiser / Qui palpite là, comme une petite bête … »

Puis viennent les poèmes de la rencontre émerveillée, de l’amour fou et de la liberté.

« Je tiens ton visage dans ma main ouverte comme s’il était ma seule richesse. » (Louis Becker)

Avec Paul Eluard, Hélène Cadou, Stéphane Bataillon, le livre accorde à la perte et au deuil la place que la disparition d’un être arrache à la vie ; tandis que de grands textes de la poésie mondiale nous rappellent, à la manière de Yannis Ritsos, que « l’amour dans son poing contient l’univers ».

De l’horizon de l’homme à l’horizon de tous, ces chants poétiques, soyons en convaincus, ont le pouvoir de changer le cours de l’histoire, de soulever le poids du malheur, et de réinventer la vie. Ils sont la force qui fait tenir l’homme debout dans les jours obscurs et lui donne le courage de combattre les idéologies nauséabondes, l’ignorance et toute l’absurdité du monde. Ces chants sont Le Chant du monde et de la fraternité…

« À l’heure où la France fait valoir les prérogatives de son Identité nationale, nous tenons à rappeler que la langue française ne possède ni cadastre ni titre de propriété. Elle est un espace libéré des frontières où chaque être repousse les limites de l’horizon d’autrui. » (Bruno Doucey)

Chants du métissage et Quand on n’a que l’amour, Anthologies de poèmes présentées par Bruno Doucey, Sabine Péglion et Pierre Kobel, illustrées par Bruce Clarke, collection Poés’idéal, aux éditions Bruno Doucey, 8.50 euros, novembre 2015.


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