Nouvelle traduction du roman d’Ernest Hemingway « Le vieil homme et la mer » par Philippe Jaworski

22 mai 2017 Par
La Rédaction
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La dernière fois que ce texte, bref et intense, a été traduit en français c’était immédiatement après sa publication aux États-Unis, en 1952, par Jean Dutourd. L’année suivante, Ernest Hemingway remportait le prix Pulitzer. Les Éditions Gallimard publient ce mois-ci une nouvelle traduction.

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Le vieil homme et la mer – est-il utile de la rappeler ? – c’est l’histoire de Santiago, vieux pêcheur frappé de malchance (aucune prise depuis 84 jours) qui part seul en mer. Les parents de Manolin, son apprenti, ne veulent plus qu’il pêche avec lui, mais le jeune garçon reste très attaché au vieux marin. Santiago attrape un marlin gigantesque à l’issu d’un combat sans pitié avec les forces de la nature.
C’est à Philippe Jaworski que l’ont doit cette très belle nouvelle traduction. Professeur de littérature à l’Université Paris-Diderot, il a traduit pour Gallimard des écrivains comme Mark Twain, Francis Scott Fitzgerald et Jack London (dont il a supervisé, l’année dernière, l’entrée dans la Bibliothèque de la Pléiade).
Dans une préface, Philippe Jaworski donne une idée de son travail, de manière parfois détaillée. C’est l’occasion pour lui de partager sa lecture du texte d’Hemingway et d’expliquer ses choix de traduction.
À cet égard, peut-on mieux exprimer ce qu’est Le Vieil homme et la mer qu’en écrivant : « Le récit, construit avec une minutie extrême (préparation de la pêche, départ, attente, apparition et capture du poisson prodigieux, retour calamiteux), avance sans hâte en s’augmentant, par touches plus ou moins discrètes, d’éléments empruntés à l’épopée et à la tragédie classiques, mosaïque d’allusions à laquelle Hemingway amalgame des échos de la Passion du Christ. Ce feuilletage narratif donne à l’histoire qu’il raconte le caractère syncrétique d’un rite immémorial marqué du sceau de la transgression. »
Il n’hésite pas à citer le texte source pour expliquer, de manière tout à fait convaincante, pourquoi telle ou telle « orientation » de traduction : « Le garçon veille sur le sommeil du vieil homme, l’élève est devenu le protecteur de son maître. Il y a dans cette inversion des rôles quelque chose de mystérieusement indéfini, suggéré par l’utilisation du passé, temps de base du récit, sous une forme qui fige l’action dans une durée à laquelle rien ne vient mettre un terme : the old man was sleeping, the boy was sitting, the old man was dreaming. C’est une modalité que Hemingway n’emploie nulle part ailleurs avec cette valeur d’éternité. »
L’occasion est double (et idéale) de découvrir ou redécouvrir ce classique, monument de la littérature.

Ernest Hemingway, Le Vieil homme et la mer, roman traduit de l’anglais (États-Unis) et préfacé par Philippe Jaworski, Éditions Gallimard (collection « Du monde entier »),  mai 2017, 144 pages, 16€