« L’outsider », de Frederick Forsyth : dommage qu’il manque un peu de souffle

9 juillet 2016 Par JB Geissler | 0 commentaires

Le grand auteur de romans d’espionnages (Chacal, Les Chiens de Guerre), retrace ici son existence et quatre-cents pages semblent presque trop courtes pour en rendre la richesse. Si le livre a une incontestable valeur de document, sur l’époque et sur Forsyth, et que sa lecture n’est pas désagréable, il manque un peu d’incarnation (on entre très peu dans la psyché de l’auteur) et de choix littéraires tranchés (par exemple, ne se concentrer que sur une époque) pour convaincre totalement.

Note de la rédaction :

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L’existence de Frédéric Forsyth a été exceptionnelle. Pilote de chasse par passion, journaliste par hasard et enfin romancier par nécessité financière, les nombreux rebondissements de sa vie l’ont conduit à être un témoin de premier plan de certains des événements historiques les plus importants de la deuxième moitié du XXe siècle (Guerre Froide, Guerre du Biafra, débuts d’Israël, coup d’Etat en Guinée-Bissau…). Dans ce livre autobiographique, l’auteur revient avec humour et détachement sur un certain nombre de ces épisodes de sa petite histoire dans la grande.

Hélas, comme dans « La vie secrète de Sir Dansey », de Bob Maloubier, la juxtaposition des anecdotes personnelles et des faits historiques vire un peu à l’énumération. Les épisodes racontés sont la plupart du temps à couper le souffle, mais leur brièveté et l’écriture, qui se rapproche plus du Forsyth journaliste que du romancier, n’entrainent pas totalement le lecteur. On peine par exemple à ressentir toute l’émotion éprouvée par l’auteur durant la guerre du Biafra, épisode qui l’a manifestement marqué et auquel il dédie de nombreuses pages.

Les lecteurs assidus de Forsyth trouveront sûrement, dans les nombreuses connections entre la vie et l’œuvre de l’auteur, un intérêt supplémentaire au livre. Les autres y verront sans doute une agréable balade historique avec un auteur sympathique et espiègle. Mais ils pourront rester sur leur faim devant un récit légèrement trop désincarné et manquant du souffle littéraire dont on sait Forsyth capable.

Frederick Forsyth (traduit de l’Anglais par Pierre Girard), L’Outsider, Albin Michel, Mai 2016, 400 pages, 22€.

© visuel: couverture du livre.


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