Les grands textes fondateurs de l’écologie présentés par Ariane Debourdeau, pour une autre civilisation…

23 mai 2013 Par
Le Barbu
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ecoloChercheuse à l’université Paris-Diderot et à l’université libre de Bruxelles, Ariane Debourdeau nous propose ici un recueil de textes qui parcourt les problématiques écologiques et environnementales depuis le XVIII ème siècle. Cet ouvrage est structuré dans une perspective pluridisciplinaire mettant à l’honneur sociologie, science politiques, épistémologie, ainsi que l’histoire des sciences et techniques. Ses recherches récentes portent sur les enjeux énergétiques et climatiques.

Les prises de conscience de nature écologiques ne sont pas seulement contemporaines et n’ont pas vu le jour lors du sommet « Planète Terre » à Rio en 1992. Déjà fin XVIII ème – début XIX ème siècle, le naturaliste suédois Carl von Linné pose les premiers jalons qui rendront possible l’avènement de l’écologie et sa sécularisation. Felices agricolae, bona si sua norint ! (Heureux les cultivateurs, s’ils connaissent leurs vrais biens!)

Avec les mutations de la guerre au XXème siècle l’écologie éclot enfin. Car la guerre totale est écologique : gaz moutarde, napalm, défoliants, bombes atomiques… L’environnement devient cible et outil. L’industrialisation effrénée, l’agro-industrie intensive, l’urbanisation massive sont autant de sources de pollution. Toute activité humaine a une empreinte écologique. La prise de conscience a acquis désormais la force de l’évidence d’une nature vulnérable, fragilisée, dégradée, et menacée. La civilisation technologique a mis en péril la planète. Les crises d’aujourd’hui se transformeront en pénuries de demain : pénurie d’eau et de nourriture, pénurie énergétique.

En 1974, en France, René Dumont, alors candidat à l’élection présidentielle, profitait de la tribune pour faire de la pédagogie écologiste : « Et vous savez ce qui va se passer ? Eh bien, nous allons bientôt manquer d’eau ; et c’est pourquoi je bois devant vous un verre d’eau, précieuse parce qu’avant la fin du siècle, si nous continuons un tel débordement, elle manquera. »

« Le libéralisme économique, c’est la liberté de tuer. La liberté de tuer le climat, donc de tuer les hommes, les femmes et les enfants. La mondialisation, c’est la croissance des inégalités. […] Une croissance indéfinie est impossible ! Nous n’avons qu’une seule Terre. Mais une civilisation du bonheur est possible. […] Il n’y a plus de vie dans la mer Baltique, il n’y en aura bientôt plus en Méditerranée. […] A vous de choisir : l’écologie ou la mort. » (René Dumont)

Les grands textes fondateurs de l’écologie sont un fabuleux recueil qui propose de retracer l’édification de l’écologie en l’illustrant par les grands textes qui ont contribué à lui conférer ce statut d’évidence et de nécessité. Ces textes ont profondément modifié notre conception de l’environnement. Face aux menaces de désastre climatiques, écologiques et humains, nulle solution miraculeuse ne se fait jour ; seule issue, un pragmatisme dans lequel les gestes et routines du quotidien comptent autant que les grandes conférences internationales.

A lire absolument !

« Il faut être déchiré par quelque chose qui nous dépasse pour penser » (Peter Sloterdijk)

Les grands textes fondateurs de l’écologie présentés par Ariane Debourdeau, collection Champs Classiques, Flammarion, mai 2013, 10 euros.


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