Le Nazi et le Psychiatre de Jack El-Hai, les nazis sont des gens ordinaires.

5 janvier 2014 Par Le Barbu | 1 commentaire

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Note de la rédaction :

Historien et journaliste américain, Jack El-Hai s’est plongé dans les archives du jeune psychiatre Douglas Kelley qui avait eu carte blanche pour étudier le profil psychologique de Hermann Göring et d’autres chefs nazis. De ces archives il tire un récit passionnant dont l’objectif est la recherche des origines du mal absolu.

Nuremberg 1945-1946. Après l’effondrement du Troisième Reich, Hermann Göring représentait le gouvernement nazi, second du régime, c’était le prisonnier le plus haut gradé, et l’un des derniers survivants, Hitler, Himmler et Goebbels s’étant suicidés. Avant de passer en jugement, Göring et les autres dignitaires nazis doivent être préalablement déclarés sains d’esprit et responsables de leurs actes. Douglas Kelley, jeune psychiatre de l’armée américaine, est chargé de cette mission. Kelley a carte blanche pour examiner la santé mentale des criminels nazis. Il leur fait passer une batterie de tests, et s’entretient avec eux pendant des heures. Göring le fascine au point qu’il poussera son étude au-delà de sa mission initiale. En voulant s’approcher trop près du « monstre » sa vie bascule. Rentré aux États-Unis avant la fin du procès, il emporte avec lui toutes ses notes. Jack El-Hai est le premier historien à se plonger dans ses archives.

Le propos du livre est de rechercher l’origine d’un mal absolu et d’une personnalité nazie. Comme toujours dans ce type d’affaire, procès de bourreaux, criminels de guerre, ou serial Killer, les psychiatres et autres spécialistes cherchent toujours la « bête », le « monstre », le diable à l’origine des crimes et du mal absolu. On le sait, les études en psychologie ou en psychiatrie sont aussi fluctuantes que les phénomènes de mode. Certains vont s’orienter vers la thèse du psychopathe schizophrène, vers un trouble, un déséquilibre mental. D’autres, comme Douglas Kelley, vont se rendre à l’évidence: les criminels nazis sont des gens ordinaires. Chercher une personnalité nazie est un mythe. D’autres études récentes, dont les sujets ne sont pas nazis, ont prouvé que de nombreux individus, tout ce qu’il y a de plus ordinaires, vont dans le sens de l’étude. L’homme est capable de participer aux pires atrocités sans souffrir de troubles diagnosticables permettant d’expliquer ses actes.

Jack El-Hai, Le Nazi et le Psychiatre, à la recherche du mal absolu, éditions Les Arènes, 2013.


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