« Journal d’un vampire en pyjama » de Mathias Malzieu : de la poésie pour rester en vie

19 février 2016 Par Marine Stisi | 0 commentaires

Mathias Malzieu, prolifique artiste rêveur et humaniste, poétique leader du groupe Dionysos, a publié, le 29 janvier dernier, son sixième livre chez Albin Michel. Il y raconte, sous la forme d’un journal très émouvant et plein d’humour, le plus réaliste, et finalement, absurde, de ses combats : celui contre la maladie.

Note de la rédaction :

Super héros de son propre destin

À l’aube de ses 40 ans et de la sortie de son film La Mécanique du Cœur, Mathias Malzieu, artiste passionné et passionnant débordant d’énergie et d’ingéniosité, découvre, avec stupeur, que son propre corps s’est retourné contre lui. Il est atteint d’une « aplasie médullaire », soit, un arrêt du fonctionnement de la moelle osseuse. C’est aussi rare chez les adultes qu’inquiétant, et plutôt que céder à la panique, c’est grâce à l’art et l’amour que Malzieu gardera la tête froide, et le cœur chaud.

Comme Jack, son personnage dans La Mécanique du Cœur à qui on installe une horloge à la place du cœur, Mathias Malzieu va devoir se faire greffer pour survivre. Devenir un autre pour finalement, rester lui-même. La réalité dépasse un peu trop la fiction, s’en est bouleversant, mais à grands coups de skateboard  dans Paris et d’humour tendre, Malzieu a fait de cette épreuve un livre très touchant et un album de grande qualité avec Dionysos.

Dracula des faubourgs

C’était fin 2013. Plus de deux ans ont passé entre le moment de la découverte de cette maladie et la publication de ce livre, Journal d’un vampire en pyjama. Mathias Malzieu, humain sans trucage, jedi ou homme horloge selon les ans est devenu vampire, plus blanc que Dracula, dépendant du sang des autres pour parvenir à vivre. Avec une habilité littéraire admirable, Mathias Malzieu joue avec les mots et les idées, stimulant son imagination et sa force avec beaucoup d’amour et de crêpes au Nutella.

Qu’il soit enfermé en quarantaine à Cochin, ou dans ce qu’il appelle son « appartelier » à République, Mathias Malzieu donne un côté Écume des jours de Boris Vian à sa maladie et à son combat contre Dame Oclès, métaphore en Louboutin, vogue au bec, l’attendant à chaque tournant. Il raconte qu’il faisait sourire les infirmières, qu’il chantait même pour elles à l’occasion, vêtu d’un t-shirt de super héros et de repetto façon Gainsbourg. C’est beau et tragique à la fois, terriblement terre à terre mais constamment saupoudré de fantaisies culturelles et de rêveries gourmandes. On referme ce livre plein d’espoir, avec l’envie folle de manger un kinder chocolat, terriblement heureux d’avoir la chance d’être en vie. Et que Mathias Malzieu le soit aussi.

Mathias Malzieu, Journal d’un vampire en Pyjama, Albin Michel, 18€, 240 pages.

Visuel : (c) DR


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