Jonathan Franzen au Forum Fnac Livres « l’écrivain a la responsabilité d’essayer de dire la vérité »

3 septembre 2016 Par Jérôme Avenas | 0 commentaires

Il n’aime pas les schématisations, il n’aime pas les réponses courtes. Il prend son temps pour répondre. Pas de sens de la « formule » à l’emporte-pièce, mais un vrai désir de creuser les questions.  Hier soir, au Forum Fnac livres, sous la verrière surchauffée, Jonathan Franzen, l’auteur des « Corrections », « Freedom » et récemment « Purity » a répondu aux questions de Christophe Ono-dit-Biot. Quelques citations marquantes :

 

Christophe Ono-dit-Biot commence son entretien avec une question sur l’existence d’un devoir moral et politique de l’écrivain :

« L’écrivain a la responsabilité d’essayer de dire la vérité et la vérité est quelque chose de complexe. L’écrivain qui commence un roman avec ses convictions morales ou politiques personnelles doit les remettre en question avant de penser à transmettre un message. Ce qui fait des « Frères Karamazov » un grand livre ce n’est pas qu’il tente de transmettre un message chrétien, c’est que l’auteur tente de remettre en question sa propre foi chrétienne. »

Jonathan Franzen revient sur son refus d’apposer son nom à une pétition contre Donald Trump, qui lui a valu un lynchage en règle sur les réseaux sociaux :

« L’un des problèmes avec internet et les réseaux sociaux, c’est que les gens finissent pas craindre d’être en désaccord avec le groupe. Les « libéraux » américains pensent que Donald Trump menace gravement la démocratie. Je suis d’accord avec cette idée et j’étais d’accord avec ce que dénonçait la pétition, mais il est difficile, avec les idées politiques, y compris les miennes, libérales, de reconnaître que l’opposition puisse avoir raison. Dans mon roman « Freedom », j’ai créé un personnage Républicain sympathique, parce qu’il me paraît impossible que 50% de la population soit bonne et 50% soit mauvaise, ou, en d’autres termes, que chaque démocrate soit une bonne personne et chaque républicain une mauvaise personne. Statistiquement, c’est improbable. » 

Christophe Ono-dit-Biot évoque le personnage lanceur d’alerte dans Purity (Andreas) et se demande quelle est la méthode de l’écrivain, comment naissent les personnages de Jonathan Franzen :

« Je n’ai pas une approche très professionnelle de l’écriture, c’est très instinctif, en fait. Mon livre précédent parlait de Karl Kraus (polémiste autrichien 1874-1936). En l’écrivant, j’ai commencé à interroger la notion de pureté, le poids du mot dans les termes « pureté raciale » ou « pureté religieuse », « pureté idéologique ». Très vite je me suis rendu compte que ces notions étaient associées à des massacres. Je me suis dit, appelons ce livre « Purity » et voyons ce qui en sort. »

Le Forum Fnac livres se poursuit jusqu’à dimanche : programme

 

 

 


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