« J’ai toujours ton cœur avec moi » : doux premier roman de Soffía Bjarnadóttir

6 janvier 2016 Par Marine Stisi | 0 commentaires

A l’occasion de la rentrée littéraire de janvier 2016, les Éditions Zulma publient J’ai toujours ton cœur avec moi, premier roman de l’Islandaise Soffía Bjarnadóttir où une femme doit affronter le fantôme de sa mère, plus présente dans la mort qu’elle ne l’a jamais été de son vivant.

Note de la rédaction :

Une étude récente affirmait qu’1 Islandais sur 10 allait, dans sa vie, publier un livre, tant la littérature fait partie intégrante de la vie des habitants de l’île nordique. Les très colorées Éditions Zulma, dans cette optique, publient fréquemment des nouveautés islandaises. Avec J’ai toujours ton cœur avec moi de Soffía Bjarnadóttir, le lecteur part à la rencontre d’Hildur, fille négligée d’une femme rêveuse, extravagante et étrange, à la chevelure de feu.

Surmonter le deuil

A la mort de sa mère, Hildur reçoit une lettre de cette femme. Elle ne l’a jamais appelé Maman, mais Siggy, et pourtant, c’est bien ce qu’elle est. Mais, Siggy est une Maman différente des autres, elle en a bien conscience. La froideur d’Hildurface à l’existence, son corps nauséeux, ne sont pas sans lien avec l’enfance étrange que la petite fille a vécu auprès de cette femme incapable d’aimer vraiment, normalement, de vivre comme les autres familles le font. D’expliquer à Hildur ce qu’un père est et représente.

Mais voilà, Siggy vient de mourir, et Hildur doit prendre les choses en main. La mère a légué à sa fille une petite cabane jaune sur l’île de Flatey, et des souvenirs douloureux, mélancoliques, fuyants. Ce très beau livre raconte comment Hildur parvient à faire face au deuil, à ses souvenirs sans sombrer, à assumer ses propres actes sans flancher. Quelque part, non sans une difficulté très touchante, elle arrive aussi à retrouver une soif de vivre, et de sourire, auprès d’un homme aux yeux vairons.

Une atmosphère islandaise

Le premier roman de Soffía Bjarnadóttir est, malgré ses courts chapitres et ses petites phrases, très marquant. L’atmosphère de cette Islande froide, venteuse, offre un écrin divin à l’histoire presque tragique d’Hildur, fille d’une mère négligente, et qui, par peur, reproduira les mêmes erreurs avec son propre enfant. Le bruit du vent, le froid glaçant, pénétrant, le calme parfois inquiétant, parfois apaisant, d’une île perdue où personne ne vit. Exceptés les souvenirs d’une femme étrangère à son propre foyer, à son propre pays, à son propre monde.

Soffía Bjarnadóttir, J’ai toujours ton cœur avec moi, Éditions Zulma, 144 pages, 16,50€.

Visuel : (c) DR


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