Va et poste une sentinelle : le retour de Harper Lee

22 janvier 2016 Par Audrey Chaix | 0 commentaires

Sorti cet été en anglais, Va et poste une sentinelle, le dernier roman de Harper Lee, a fait couler beaucoup d’encre dans la presse anglo-saxonne : en effet, l’histoire rocambolesque de sa publication a retenu l’attention de tous – presque plus que la qualité intrinsèque du roman, dont nous parlions déjà à l’époque. Si l’impact médiatique a été bien moindre en France, c’est que Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, le premier roman (et, jusque juillet 2015, seul roman publié) de Harper Lee n’est pas ici le succès d’édition qu’il a pu être aux États-Unis, où il a acquis le statut de classique. Il n’en reste pas moins que ce roman, au-delà des remous qu’il a pu susciter dans le monde de l’édition, offre une lecture passionnante de l’Amérique des années 1960 en Amérique. 

va-poste-sentinelleTraduit en français par Pierre Demarty, cette version française est de très bonne facture, et offre une belle plongée dans le petit monde de Jean Louise Finch, la jeune femme persuadée que les hommes et femmes sont tous égaux, et qui tombe de haut lorsqu’elle découvre que son père, qu’elle idéalisait jusqu’alors, a basculé du côté des ségrégationnistes.

Roman d’apprentissage et de désillusion, Va et poste une sentinelle est aussi le roman de la jeunesse de Harper Lee, qui l’écrivit avant le succès de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur. Si ce deuxième roman est en germe dans Sentinelle, ce dernier présente malgré tout quelques défauts de jeunesse, notamment une intrigue quelque peu poussive, qui mériterait d’être plus ramassée, moins verbeuse. Mais cela n’empêchera pas les lecteurs de prendre un plaisir certain à la lecture de ce roman plein d’une candeur touchante, mais aussi le théâtre d’un véritable combat intérieur alors que Jean Louise prend conscience que pour vraiment exister, elle doit tenir debout par elle-même, sans l’appui de son père ou de sa famille.

Que l’on ait lu ou non Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Va et poste une sentinelle est un roman à ajouter à sa pile de livres à lire : les connaisseurs de Harper Lee seront ravis de retrouver les personnages du premier roman, et les novices découvriront avec enchantement cet univers qui a déjà séduit tant de lecteurs.

Va et poste une sentinelle, de Harper Lee. Traduit de l’anglais (USA) par Pierre Demarty. Éditions Grasset. Paru le 07 octobre 2015. 336 p. 20,90 €.

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (traduction de Isabelle Stoïanov) est disponible chez Grasset en grand format (22,90 €) ainsi qu’au Livre de Poche (6,60 €).


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