« Trois jours et une vie », de Pierre Lemaitre : le poids du secret

1 mai 2016 Par JB Geissler | 0 commentaires

Pierre Lemaitre revient après son exceptionnel « Au revoir là-haut », prix Goncourt 2013. Dans un roman parfaitement mené, il explore l’impact d’une série d’événements tragiques sur la vie d’une bourgade et comment le fardeau d’un secret peut courber les trajectoires individuelles.

Note de la rédaction :

Trois jours et une vieEn décembre 1999, dans la petite ville de Beauval se succèdent une série d’événements tragiques, au premier rang desquels la disparition d’un petit garçon de six ans, Rémi Desmedt. L’enchaînement des catastrophes bouscule la routine en apparence immuable de la bourgade, exacerbe les travers et les tensions existants, et change en profondeur (voire brise) les individus.

Tirant partie de son expérience du polar, qui lui avait été précieuse pour « Au-revoir là-haut », Pierre Lemaitre gère parfaitement le rythme du récit, articulant la lenteur du quotidien de Beauval avec la soudaine brutalité des événements de cet hiver 1999. L’auteur joue aussi avec talent de l’alternance des émotions des personnages, d’angoisses aiguës en périodes de répit – où plane cependant toujours une menace. Le poids du secret contribue à créer une atmosphère particulièrement étouffante.

Le personnage principal, Antoine, est extrêmement travaillé et ses émotions sont rendues au plus juste, quelle que soit la période de sa vie à laquelle on le retrouve. Les second rôles sont bien incarnés sans tomber dans la caricature, même si certains offrent peut-être légèrement moins d’épaisseur que les autres.

Pierre Lemaître, Trois jours et une vie, Albin Michel, Mars 2016, 288 pages, 19,80€.

© visuel: couverture du livre.


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