« Sorbonne Plage » d’Edouard Launet : en vacances avec les prix Nobel

27 mai 2016 Par Marine Stisi | 1 commentaire

Le journaliste et écrivain Edouard Launet publie aux Editions Stock Sorbonne Plage, un ouvrage mettant en lumière la retraite bretonne de certains des plus brillants scientifiques du siècle dernier, de Marie et Pierre Curie à leur fille et gendre (les Joliot-Curie), tous prix Nobel, en passant par Jean Perrin. Des côtes bretonnes à la bombe atomique, il n’y a qu’un pas. 

Note de la rédaction :

 

Douce Bretagne

Dans la douce brise d’un soir d’été, un groupe d’intellectuels parisiens se promène le long de la côte nord du Finistère. De loin, un groupe d’amis ressemble à n’importe quel autre groupe d’amis. Pourtant, derrière les chapeaux, les longues robes, les marinières et parfois même, les maillots de bain, se cachent le fleuron de la science parisienne. Professeurs à la Sorbonne, journalistes, scientifiques, chimistes, et Prix Nobel, l’été cependant, ils vivent comme tout le monde, à cela près que sans le savoir, ils travaillaient déjà à une des plus grandes catastrophes de notre histoire contemporaine.

Edouard Launet, en rencontrant les petits-enfants de certains des membres de cette illustre communauté, en visionnant des archives, en cherchant en bibliothèque, a remonté le temps. Il décrit dans son ouvrage ce que furent probablement les vacances à l’Arcouest, en imagine des situations, et même des conversations.

De Paimpol à Hiroshima

A première vue, on peut se demander quel rapport il peut bien exister entre la petite ville de Paimpol et Hiroshima, ville japonaise à la tragique destinée dont il n’est pas utile de préciser la nature. Pourtant, ce rapport est bien plus évident qu’il n’en a l’air : ne seraient-ce pas Pierre et Marie Curie dont les travaux sur l’atome furent le début de ce qui mena, quelques dizaines d’années plus tard, à la première bombe atomique utilisée par les américains sur les japonais ?

« Dans certaines conditions cela pourrait conduire à la construction d’une bombe qui pourrait être très dangereuse, particulièrement entre les mains de certains gouvernements », écrit Leo Szilard à Frédéric Joliot-Curie.

De la culpabilité d’être à l’origine de la catastrophe d’Hiroshima et Nagasaki, mais aussi d’une certaine manière, de la jalousie de s’être fait voler les recherches par les américains après l’occupation allemande, Edouard Launet traite, laissant un goût amer face à l’horreur entrée dans les chaumières. « La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie », écrira Albert Camus, horrifié par ces articles criant à l’extraordinaire avancée scientifique, aux lendemains de la catastrophe.

C’est un véritable document historique livré ici par Edouard Launet. Les passionnés de l’histoire atomique seront servis. Ceux qui n’y connaissent rien, parfois, pourront se sentir perdus. Si l’auteur lui-même passionné précise ne pas vouloir donner de leçons aux lecteurs, il en résulte néanmoins une certaine opacité occasionnelle quant aux propos. Les littéraires, ainsi, trouveront bien plus leur bonheur dans la manière qu’à Edouard Launet d’évoquer la retraite paisible d’une élite sur une côte bretonne et l’amitié sincère qui unissait cette communauté de brillants esprits.

Sorbonne Plage, Edouard Launet, Editions Stock, 216 pages, 18€.

Date de parution : 11 mai 2016.

Visuel : (c) DR


LAISSEZ UN COMMENTAIRE VIA FACEBOOK:

comments

COMMENTAIRES:

  1. Ping : Sorbonne Plage | Ma collection de livres

Laissez un commentaire: