« Riquet à la houppe », Amélie Nothomb dans les méandres de la jeunesse

26 août 2016 Par Marine Stisi | 0 commentaires

Amélie Nothomb publie, pour cette rentrée littéraire 2016, son vingt-cinquième roman aux Editions Albin Michel. Riquet à la houppe, s’inspirant sans dissimulation aucune du conte populaire de Charles Perrault, prend également pour thème centrale la beauté et la laideur, l’intelligence et la bêtise, chez l’enfant puis chez l’adolescent.

« La vérité était que Déodat avait d’abord voulu se prouver que son intégration était possible. Mais dès qu’il n’en avait plus douté et qu’il avait pu constater le peu de valeur d’une camaraderie, il s’était détourné de toute vie sociale. La contemplation du moindre moineau de la cour lui apportait tellement plus que la fréquentation de ceux qui, après l’avoir appelé Déodorant, ne le prénommaient plus autrement que l’Enfienté. »

La magie Nothomb opère toujours

Comme chaque année, les amateurs de la romancière à succès attendaient avec impatience la publication de son nouveau roman. De qualité inégale, les romans d’Amélie Nothomb ont malgré tout ceci de superbes qu’ils savent offrir aux lecteurs une parenthèse extraordinaire, une évasion fugace dans des univers toujours savamment élaborés et qui ont toujours ce je-ne-sais-quoi de magique, mystique et extraordinaire.

Dans Riquet à la houppe, Amélie Nothomb retrouve un sujet qu’elle connaît bien : celui de l’enfance et de l’adolescence. Maintes fois dans sa carrière, sa plume est venue s’aventurer auprès des déboires de la jeunesse, soit en s’étudiant soit-même (Métaphysique des tubes) soit en centrant son oeil sur la vie d’adolescents. On se rappelle notamment de l’excellent et mystique Antéchrista, publié en 2003 chez Albin Michel, et qui traitait de la beauté, de l’amitié et de la solitude chez les jeunes avec une efficacité remarquable.

« La belle est la bête »

Dans son nouveau roman s’inspirant du fameux conte éponyme de Charles Perrault, Amélie Nothomb raconte parallèlement la vie de Déodat, d’une laideur édifiante mais à l’intelligence, voire même au génie, extrême, et celle de Trémière, jeune fille à la beauté d’une pureté renversante mais à l’esprit limité. Alors que lui, malgré sa laideur, se construit avec brio une carapace d’intelligence, elle, victime et souffre-douleur de ses camarades de classe malgré (ou à cause !) de sa beauté, devient transparente et sans saveur.

Aux heures des premiers émois, Déodat découvre le pouvoir de son cerveau brillant sur les jeunes femmes : elles l’aiment toutes, malgré son aspect repoussant. A contrario, Tremière, contrariée par un unique baiser volé, se plonge dans un mutisme encore plus grand et son visage parfait ne saurait lui être d’aucun secours.

Non sans surprise, le destin fera se croiser leur chemin, alors que le succès, de manière différente, aura fini par frapper à leur porte. Amélie Nothomb offre au conte de Perrault une (re)mise en situation contemporaine. L’amour, comme au temps de Perrault, ne s’explique pas et la nature humaine est toujours faite d’autant de mystères.

Amélie Nothomb, Riquet à la houppe, Editions Albin Michel, 198 pages, 16,90€.

Date de parution : 18 août 2016

Visuel : (c) DR


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