Poétique de la perversité : Consumés de David Cronenberg

1 mars 2016 Par Marianne Fougere | 0 commentaires

A David Lynch la photographie. A David Cronenberg la littérature? Le cinéaste culte poursuit ses obsessions et autres fantasmagories dans un roman hanté par la mort et le sexe. Une tentative qu’on aimerait voir à l’écran.

Note de la rédaction :

Consumés met en scène un couple d’amants peu ordinaire, deux photojournalistes en quête de sensations fortes, qui ne se croisent que rarement dans des chambres d’hôtel entre deux avions et dont les rapports se limitent à des échanges de mails. Quand Naomi se penche sur l’affaire Arosteguy – un couple de philosophes français porté sur le libertinage et le cannibalisme, Nathan contracte la « maladie de Roiphe », issue malheureuse d’une coucherie avec une patiente à seins et tumeurs multiples qui le conduit à partir à la rencontre du médecin ayant découvert cette maladie que l’on croyait pourtant disparue.

Sexe, sordide, technologie, …, on retrouve résolument la patte de Cronenberg dans ses histoires parallèles qui finissent par s’entremêler. Mais pourtant quelque chose vient à manquer. Le style sec, voire numérique, de l’écriture de Cronenberg échoue là où les images façonnées par le cinéaste parvenaient à nous faire plonger littéralement dans son univers. Trop hallucinée, l’intrigue a fini par nous lasser, les personnages nous énerver, et le livre nous tomber des mains. Aussi, a-t-on hâte que Cronenberg renoue au plus vite avec le cinéma, art dans lequel sa perturbante esthétique et sa captivante perversité touchent au sublime.

David Cronenberg, Consumés, trad. Clélia Lavanture, Gallimard, 384 pages, sortie le 01/12/2015
visuel : couverture du livre


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