« Où la lumières s’effondre » : Internet, toute puissance et apocalypse par Guillaume Sire

29 août 2016 Par Yaël | 0 commentaires

Chercheur reconnu, et auteur notamment du Repère sur les Moteurs de recherche (La Découverte, 2016, lire notre critique), Guillaume Sire passe au roman en cette rentrée littéraire 2016, avec un texte plus littéraire que Geek qui met en scène les démiurges du web et leur fantasme de toute-puissance. Poétique, haletant et très humain. 

Note de la rédaction :

Paul Mercier et Robert Valery sont deux petits frenchy high-tech de génie qui ont bâti ensemble un empire au sein de l’empire dans la Silicon Valley. Un soir, au sortir d’un dîner, on tire sur Paul. Dans les couloirs de l’hôpital, Robert se rappelle les débuts de leur amitié et leurs diverses activités. Dans les derniers temps, Paul avait bien changé; homme de principes, il s’était entiché d’un nouvel idéal : à défaut de pouvoir rendre utile, pédagogique et démocratique le grand outil numérique dont il a assis la suprématie, il voulait détruite l’idole. Plus pragmatique, jusque-là Robert s’était tenu loin d’un projet qu’il tenait pour fou. Aidera-t-il son ami à accomplir cet idéal de fin du monde?

Dédié à Aaron Swartz l’un des pères fondateurs des creative commons, qui s’est suicidé à l’âge de 26 ans, ce roman très bien écrit fait bien plus que slalomer dans les méandres des grands noms de ceux qui ont donné naissance au Web et des intérêts de ceux qui le dirigent aujourd’hui (Larry Page, Marissa Mayer…). A l’instar de son titre, Où la lumière s’effondre est une comédie très humaine, qui offre à lire et donne à réfléchir sur la tension douloureuse et définitive qui existe entre les idéaux originels de la révolution numérique et une réalité de puissance économique indépassable. Avec le marché, la machine est en marche de manière inexorable. Si bien que tout le roman parle de l’enrayer comme d’une apocalypse quasi-religieuse. Un peu enfantin, très indécis, le héros principal est un développeur de génie sans gardes-fous moraux ou philosophiques, qui se trouve complètement perdu entre toute-puissance et pyromanie, lorsque son double est hospitalisé. Un personnage pas forcément sympathique, ni complexe, mais qui fascine par un mélange troublant d’extrême compétence et d’inaptitude totale à trancher. Un antihéros brillant auquel l’on s’attache et qui transforme l’essai à thèse en vrai roman.

Guillaume Sire, Où la lumière s’effondre, Plon, 240 p., 18 euros. Sortie le 25 août 2016.

visuel : couverture du livre.


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