Neko Café d’Elsa Boyer : balade fantomatique japonaise

2 décembre 2016 Par
Marine Stisi
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Les Editions P.O.L publient Neko Café, cinquième roman d’Elsa Boyer. Au cœur de cet ouvrage, un Tokyo victime de secousses, parfois imperceptibles, parfois plus violentes, mais qui, toujours, modifient la vie de ses habitants… 

neko café

Nos amis les chats

Elsa Boyer, auteur et traductrice, sélectionnée durant l’année 2014 à participer à une Mission Stendhal, s’est envolée pour le Japon. Un mois entre Tokyo et Kyoto où elle a pris le temps d’observer la ville, son architecture qui se déploie. Comment aborder le thème de la catastrophe au Japon sans tomber dans le banal ?

Deux ans plus tard, voici publié le résultat de ce voyage, un résultat intitulé Neko Café. Neko, en japonais, veut dire chat. Ce livre trouve ainsi son décor dans un de ces innombrables bars où les chats se promènent librement, où les japonais viennent trouver réconfort et paix, tendresse et silence auprès des animaux. Dans le livre, où ce café semble parfois être devenu un espèce de refuge, on redécouvre toute la simplicité d’une relation humain-bête, quand les relations entre humains, parfois, peuvent sembler compliquées.

 » Les chats désormais, deux pièces seulement, des humains et des bêtes dedans, le patron voit de plus en plus clair, c’est tout ce qu’il faut ».

Emporté par la foule…

La question des relations humaines est en effet sous-jacente, et d’autan plus quand on comprend ce qui se passe : des tremblements de terre modifient régulièrement le paysage des tokyoites. Un patron, son assistant et un employé se déploient dans la ville qui semble changer d’aspect au rythme des secousses. On les suit dans des restaurants, dans les longs couloirs du métro, dans des temples et surtout, dans ces salles où les japonais jouent à des jeux vidéos inlassablement. Le Japon se dessine sous nos yeux, c’est le réel point positif de cet ouvrage qui, avec un style alambiqué, arrive à nous attraper dans une déambulation qu’on imagine silencieuse.

Le style est à l’image du quotidien de cette ville, peuplée de fantômes et de spectres qui hantent les habitants, modifient leurs perception. C’est ce qui arrive à cette jeune femme, employée du café. Elle vivait avec un garçon dans un espace trop petit pour eux, mais c’est le lot de beaucoup de couples dans les mégalopoles de cet acabit. Une secousse légère, la garçon est parti de chez eux, et n’est jamais rentré. Depuis, elle voit ce qu’elle ne voyait pas avant. S’en sortira-t-elle ? Le garçon qui jadis, l’aimait, pourrait-il l’aimer de nouveau ?

Elsa Boyer, Neko Café, Editions P.O.L, 224 pages, 13€.

Date de parution : 3 octobre 2016

Visuel : (c) DR