Mariage Contre Nature de Motoya YUKIKO, délicat prix Akutagawa 2016

8 septembre 2017 Par
David Rofé-Sarfati
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Un an après le succès de Comment apprendre à s’aimer, une série de photomatons de la vie d’une femme, Yukiko MOTOYA , écrivaine , comédienne et metteuse en scène nous revient avec un roman singulier pour lequel elle a reçue le prix Akutagawa, le Goncourt japonais.

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Le roman est une nouvelle, un conte parabolique. La plume de Yukiko MOTOYA est délicate. La nature est là comme souvent dans la littérature japonaise; la traditionnelle attention portée aux choses aussi. Le roman commence par ses mots : Un jour, j’ai remarqué que nos visages, à mon mari et à moi, se ressemblaient, comme deux gouttes d’eau. Une femme va traverser dans les péripéties de ce conte les étapes habituellement mentales d’un couple d’abord fusionnel, puis aliénant, puis destructif.

L’héroïne San a quitté son boulot pour se marier. Elle s’ennuie à la maison. Son mari, chaque soir, joue les plantes vertes devant la télévision. Parfois San se demande si elle ne partagerait pas la vie d’un nouveau spécimen d’être humain, ou d’un humain qui souhaiterait renoncer à l’être. La pente prise conduira à la chute finale.

Les pensées de l’autre,  ses goûts, ses paroles, ses actes supplantaient peu à peu les miens à mon insu et quand je m’apercevais que je me comportais comme si j’avais toujours été ainsi, cela me paniquait. Le mariage est présenté comme une construction civilisatrice opposée à la nature.  A la fin un pivoine fera sens. Par cette chute, pour cela son roman est un conte éclairé, il est un rêve écrit, MOTOYA nous ouvre dans une langue simple et raffinée des voies de réflexions, nous laisse à des interprétations sans fin.

Yukiko MOTOYA, Mariage contre nature, Traduction : Myriam Dartoir-Ako, Philippe Picquier, Date de sortie : 07/09/2017, 128 p.