« Lithium », le premier roman très prometteur d’Aurélien Gougaud

18 août 2016 Par Marine Stisi | 0 commentaires

Comme chaque année, la rentrée littéraire apporte avec elle son lot de premiers romans. Chez Albin Michel, on publie Lithium, d’Aurélien Gougaud, un récit aussi sincère que convaincant sur une jeunesse parisienne désenchantée, tentant, presque à en perdre la raison, d’offrir à sa vie l’étincelle qu’il lui manque.

Note : Note de la rédaction :

I’m so happy, ‘cause today I found my friends in my head…

Le lithium, élément chimique, est le traitement le plus utilisé contre les troubles bipolaires. Lithium, c’est aussi, et surtout, une chanson publié sur l’album Nervermind du groupe Nirvana en 1992. Nirvana qui, pour toute une génération, reste le symbole ultime d’une manifestation d’un mal-être et d’un non-conformisme à l’ordre établi.

Quel rapport peut-il exister ainsi entre une des chansons les plus célèbres du groupe mené par Kurt Cobain et le premier roman d’Aurélien Gougaud ? Le lien, peut-être pouvons-nous l’établir dans ce malaise, justement, cette frénésie constante pour chercher un meilleur, ou du moins, un échappatoire.

Dans Lithium, son premier roman très prometteur, Aurélien Gougaud raconte une semaine dans la vie de deux parisiens. Il et Elle. Il, jeune diplômé par vraiment convaincu, Elle, cynique pour éviter absolument d’être sincère. Ils ne fréquentent pas les mêmes milieux, n’ont pas les mêmes amis mais pourtant, ils vont se croiser. Entre deux cigarettes et deux bières, entre deux soirées trop arrosées et des relations éphémères, une rencontre. Quand, alors que tout n’est que jeu et prétention, la sincérité fait son apparition.

Paris, Paris…

Tellement romancée et tellement peinte, tellement fantasmée, aussi. Ici, Aurélien Gougaud dépeint avec une intelligence et une précision un Paris que l’on ne connaît que trop bien : la nôtre, la réelle, la quotidienne. Ce Paris désenchanté qui ne chante plus Edith Piaf dans la rue depuis des décennies mais qui s’entasse dans le métro chaque matin pour aller au boulot. Un boulot qui parfois, osons le mot, nous emmerde. Un Paris où cet emmerdement s’oublie le week-end, au gré de quelques bières en terrasses du Canal Saint-Martin ou de Bastille et de clopes qui se consument au même rythme que notre santé mentale et physique.

C’est en peignant ce quotidien qu’Aurélien Gougaud se démarque. Ce premier roman, d’une réelle justesse, mélancolique dans ce que la vie parisienne a à l’être, nous emporte avec lui. Si Lithium devait être un groupe, plus que Nirvana, il serait Fauve, dans ce que le collectif avait à décrire les parisiens qui s’effleurent sans jamais vraiment se toucher. Fauve qui, a ses débuts chantait « Paris, Paris la nécropole, Paris qui sent la carne, Paris qui petit à petit entraîne dans sa chute des fragments de nos vies ».

Lithium est un bijou qui ne passera pas inaperçu. Pas étonnant qu’il soit d’ores et déjà en lisse pour le Prix de la Vocation.

Aurélien Gougaud, Lithium, Editions Albin Michel, 192 pages, 18€.

Date de parution : 18 août 2016

Visuel : © DR


LAISSEZ UN COMMENTAIRE VIA FACEBOOK:

comments

Laissez un commentaire: