Leslie Kaplan, « Mathias et la Révolution » : intéressant, mais un peu artificiel

26 janvier 2016 Par JB Geissler | 0 commentaires

Dans un roman aux accents poétiques où les conversations ressemblent à une chorale, Leslie Kaplan nous promène à travers un Paris en situation pré-révolutionnaire. La forme et le fond sont intéressants, mais les incessantes références à la Révolution Française finissent par alourdir le texte.

Note de la rédaction :

mathias-et-la-revolutionLe livre décrit une journée pré-révolutionnaire, où l’on suit Mathias, balloté entre idéaux et trivialité du quotidien, puis d’autres personnages au gré de ses rencontres dans Paris. Des émeutes auraient éclaté en banlieue, et même si le quotidien des protagonistes n’en est que faiblement perturbé, on peut sentir le bouillonnement sous-jacent de la société.

En cette journée particulière, la parole se libère, dans le récit comme sur les pages, où les dialogues éclatent le carcan des tirets et autres guillemets pour déborder sur la narration, brouillant les frontières internes du texte.

On se croirait presque dans une comédie musicale, où un chanteur finit la phrase commencé par son acolyte et où tous, ensemble (ou presque), font avancer le récit. Les conversations chorales offrent des réflexions sur la société actuelle et les futurs possibles. Encore plus que dans le (très bon) roman de Denis Lachaud « Ah ça ira », les références à la Révolution Française sont incessantes dans les dialogues et finissent par alourdir le texte.

Sur un sujet extrêmement proche, les choix littéraires de Leslie Kaplan sont certainement moins attendus que ceux de Denis Lachaud, mais l’ensemble fonctionne moins bien. Si l’on comprend bien en quoi la forme épouse le fond, elle laisse sur la longueur une impression d’artificialité un peu lassante.

Leslie Kaplan, « Mathias et la Révolution »,  Editions P.O.L., 256 Pages, Janvier 2016, 16,90€

© visuel: couverture du livre


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