« Les Républicains », badinage amoureux dans les coulisses du pouvoir par Cécile Guilbert

26 janvier 2017 Par
Yaël Hirsch
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Auteure de nombreux essais et romans, Cécile Guilbert met en scène dans le dernier les retrouvailles de deux brillants étudiants qui se sont plu et on fait leur vie, trente ans après. Dans un Paris Nocturne, un conversation qui ressemble à la fois à un réédition et à une toute première fois.

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En novembre 2016, « la fille en noir », écrivaine se rend par curiosité à l’émission de Thierry Ardisson sur la fameuse « Promo 1986 » de Sciences-Po où elle a fait ses classes. Elle y retrouve le svelte Guillaume de Fronsac, qui ne la laissait pas indifférente à l’époque. Trente ans après, il s’accordent une soirée d’errance au cœur de Paris, du bar du Regina à la Place de la Concorde en passant par le Meurice. Ils y croisent des célébrités, qui ne sont pas les mêmes pour eux deux : il a eu l’ENA, elle pas; elle a choisi la lettres et la pauvreté, lui, l’ombre des cabinets ministériels et l’exercice discret et lucratif du pouvoir. Un tête-à-tête plein de fantômes, dont la France et les lettres françaises ne sont pas des moindres…

Joli livre très amoureux de Paris et très dubitatif sur ce qu’est devenue l’élite française, Les Républicains est un roman plein d’amour déçu et de nostalgie. Le pouvoir y est interrogé, ainsi que la manière dont il passe. Badinage à la fois sublimement inutile et mélancoliquement grave ce dialogue où l’on entend chacune des deux voix de l’intérieur est l’histoire d’une rencontre possible mais jamais certaine. Un thème universel qui résonne, au-delà du tout petit monde incestueux des arcanes du pouvoir.

Cécile Guilbert, Les Républicains, Grasset, 260 p., 18 euros. Sortie le 1ier février 2017.
visuel : couverture du livre