« Les règles d’usage » : le 9/11 novel de Joyce Maynard

6 septembre 2016 Par Géraldine Bretault | 0 commentaires

Joyce Maynard n’est plus à présenter – sans même passer par son idylle avec le grand Salinger, l’auteure américaine a signé des romans remarqués, dont Long Week-end, adapté au cinéma sous le titre « Last days of Summer » en 2014. Elle livre avec Les règles d’usage un nouvel opus appartenant à ce qui est devenu un genre à part entière, le « 9/11 novel ».

Note de la rédaction :

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D’éminentes plumes américaines s’y sont déjà risquées, de De Lillo (Falling Man) à Safran Foer (Extremely Loud and Incredibly Close), sans oublier notre Beigbeder national, (Windows on the World). Quinze ans après les attentats, Joyce Maynard aborde les faits sous un angle plus intime : une adolescente de treize ans, Wendy, et son petit frère Louie, perdent leur maman, qui ne reviendra plus des tours du World Trade Center où elle travaillait.

D’une plume sensible, Joyce Maynard ausculte les effets de la déflagration et de ses répercussions chez les uns et les autres, sans oublier les deux figures masculines qui régnaient sur la vie de la défunte – son compagnon Josh, et son premier amour, le père de Wendy. Si les premiers jours sont décrits avec beaucoup de justesse, lorsqu’il faut justement réinventer « les règles d’usage » dans une situation si imprévisible et douloureuse, le roman prend une autre tournure et se fait récit initiatique, lorsque Wendy décide de rejoindre son père sur la côte Est.

Habitant elle-même la Californie, Maynard tente d’installer un autre rythme au mitan du volume, une atmosphère plus « cool », qui n’est pas sans rappeler les Chroniques de San Francisco d’Armistead Maupin, avec sa sympathique galerie de personnages fêlés mais attirants. Malheureusement, le lecteur perd son intérêt, à mesure que les bons sentiments remplacent le travail à vif du deuil, et nous plongent au cœur d’un puritanisme américain teinté de mièvrerie, avec l’inévitable « happy ending » plein d’espoir mais guère nuancé.

« Il lui avait montré comment on se couvrait la tête avec ses bras pour descendre les passages les plus dingues. Mais il gardait les siens autour d’elle. Ces détails lui revenaient parfois maintenant, quand Garrett la prenait dans ses bras. Elle e rendait bien compte que Josh le faisait différemment. La manière dont Garrett passait un bras autour d’elle – rien qu’un, pas deux – était désinvolte, il la tenait moins contre lui qu’il ne posait un bras sur ses épaules, comme si celui-ci atterrissait là par hasard. », p. 205

Joyce Maynard, Les règles d’usage, traduit de l’anglais (américain) par Isabelle D. Philippe, 480 p., 22€, paru le 1er septembre 2016


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