« Les mains lâchées » d’Anaïs Llobet : Après la vague…

22 août 2016 Par JB Geissler | 0 commentaires

Journaliste aux Philippines lors du passage de l’apocalyptique typhon Haiyan, Anaïs Llobet nous propose un récit romancé des semaines qui ont suivi l’événement. Entre la sidération devant l’ampleur de la destruction et l’errance des personnages, elle sait nous faire vivre l’intime de la catastrophe.

Note de la rédaction :

CVT_Les-Mains-Lachees_5490Madel, journaliste française en poste aux Philippines, profite du cadre paradisiaque de l’île de Leyte avec Jan, son amour philippin. Au loin le typhon Haiyan, rebaptisé Yolanda par les locaux s’annonce. Les typhons, les philippins en voient tous les ans. Ils les respectent tout en apprenant à vivre avec. Mais les derniers messages radios avant le black-out laissent à penser que celui-là sera d’une toute autre ampleur.

Quelques heures. C’est tout ce que dure un typhon. Tout bouge, le ciel se confond avec la mer. Certains perdent connaissance, tous perdent la notion du temps. Et c’est déjà le retour du calme. Ceux qui sont en vie et en un seul morceau s’estiment chanceux. Le sont-ils vraiment ? Car après il faut sortir, réaliser que tout est détruit, survivre quand tout manque et partir à la recherche de ses proches dans un état d’hébétude où l’on voudrait juste s’asseoir et attendre que le cauchemar se finisse.

Le livre joue intelligemment avec cette temporalité distendue en ne consacrant qu’une page du premier chapitre à l’événement climatique et en se focalisant sur l’Après. Il nous montre ceux qui tiennent et ceux qui craquent, soulignant combien la frontière est ténue entre les deux. Il expose le brouillage des frontières de la morale, en particulier dans le travail de journaliste que le personnage principal continue d’exercer tant bien que mal.

A quel moment s’arrête l’information et commence le voyeurisme ? Faire du sensationnel est-ce manquer de respect aux victimes ou tenter de les aider en attirant l’attention de la communauté internationale ? On referme le livre avec plus de questions que de réponses et un étrange sentiment de flottement, semblable à celui qu’éprouvent les personnages.

Anaïs Llobet, Les mains lâchées, éditions Plon, Août 2016, 152 pages, 16€.

© visuel: couverture du livre


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