« Le congrès de littérature » de César Aira : absurde et brillant

27 avril 2016 Par Marine Stisi | 1 commentaire

Les éditions Christian Bourgois publient le nouveau roman de l’argentin César Aira, Le congrès de littérature. Un livre flirtant parfois avec l’absurde, d’une fluidité remarquable et d’une très grande intelligence, qui se lit avec un plaisir non dissimulé. 

Note de la rédaction :

Dans le cerveau d’un savant fou

Le narrateur du Congrès de littérature est un traducteur qui, parfois, peine à joindre les deux bouts. L’auteur argentin César Aira, dans la description qu’il fait de son personnage central, se joue à brouiller les pistes entre la vérité et la fiction, l’onirique et le réel. Lui aussi, en plus de son activité d’écrivain, a fait de nombreuses traductions.

Ici, en dehors de ses activités éditoriales, le héros grisonnant du Congrès de littérature se lance à l’occasion dans des activités scientifiques dont on ne cible pas toujours les procédés, même si on comprend sans mal toute l’intelligence qu’il s’en dégage, et toute l’érudition du personnage.

Dans le cadre de ces divers tests, le narrateur expose un projet : utiliser son savoir afin de cloner quelqu’un. Mais qui ? Un politique, ces hommes considérés comme les têtes pensantes de notre société actuelle ? Non, pas assez prestigieux, pas assez fin. Son choix, finalement, sera porté sur Carlos Fuentes, auteur mexicain.

Au congrès de littérature

Carlos Fuentes, comme César Aira, ont été invités à un congrès de littérature se tenant à Merida, au Venezuela. Le narrateur s’y rend, non pas pour l’envie débordante qu’il a de rencontrer son public, mais bien pour approcher Carlos Fuentes et réussir à prélever suffisamment de cellules afin de créer une armée de clone à l’image de l’auteur. Sauf que naturellement, tout ne se passe pas comme prévu…

Avec une intelligence folle et une virtuosité remarquable, César Aira expose dans ce court livre une histoire dont on ne décroche pas une minute. Le fil des actions ne s’interrompt pas et le suspens, servi par une langue sublime de simplicité, est, non sans surprise, très travaillé. Un livre incroyablement prenant, absurde, drôle et plein de finesse. Un véritable bijou qu’on prend un malin plaisir à dévorer.

César Aira, Le congrès de littérature, Editions Christian Bourgois, 128 pages, 14€.

Date de parution : 14 avril 2016

Visuel : (c) DR


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COMMENTAIRES:

  1. Olivier Mannoni

    Merci de ce bel article. Si vous avez pu déceler la « langue sublime de simplicité » du livre, c’est grâce à sa traductrice, Marta Martinez Valls. N’oubliez pas les traducteurs, sans eux vous n’accèderiez pas à près de la moitié des romans!
    Bonne soirée
    OM

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