« La vie sauvage », Thomas Gunzig update le mythe du bon sauvage

3 août 2017 Par
Yaël Hirsch
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Thomas Gunzig, figure littéraire et médiatique majeure en Belgique à qui l’on doit notamment le scénario du Tout Nouveau Testament de Jaco Van Dormael est de retour au Diable Vauvert  pour la rentrée littéraire 2017 après l’excellent Manuel de survie à l’usage des incapables (lire notre article). Récit du retour à la civilisation belge d’un jeune homme élevé dans la jungle africaine, La vie sauvage brode avec une ironie mordante sur un thème cher à notre civilisation depuis les LUmières : la nature VS. la culture. 

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Le jeune Charles a été victime d’un accident d’avion avec ses parents et a été élevé comme enfant-soldat auprès de mercenaires en Afrique. Tombé amoureux de la belle Septembre, il est finalement retrouvé grâce à Google et revient vivre en Belgique chez son oncle. Le long ennui des cours à l’école est un choc, les réseaux sociaux un terrain vierge à conquérir et les »gens civilisés » autant de poires à séduire. Tous, sauf sa cousine, maligne et machiavélique…

Construit habilement en scènes de retour à la civilisation et flash-backs « en Afrique », La Vie Sauvage rejoue à la fois Montaigne et Defoe avec une ironie jouissive. Faisant mentir avec sympathie le mythe du bon sauvage pour révéler la mesquinerie de nos adultes civilisés et la cruauté des adolescents en cours de civilisation, La vie sauvage n’est évidemment pas celle que l’on croit. Surtout quand Robinson a eu le loisir de lire tout Verlaine et Baudelaire entre deux pillages et massacres de villages… Un roman malin, joliment écrit, révélateur de petits et grands travers européens mais qui n’oublie jamais tout à fait l’amour et la tendresse… Parfois, le moraliste a du cœur.

Thomas Gunzig, La vie sauvage, Au Diable Vauvert, 336 p., 18 euros. Sortie le 31 août 2017.

visuel: couverture du livre.