« La gloire d’Inès » de Philippe Delaroche : l’émouvant hommage d’un père orphelin

4 avril 2016 Par Marine Stisi | 0 commentaires

Le 21 mars 2009, l’écrivain et journaliste Philippe Delaroche perdait sa fille, Inès, dans un tragique incendie en plein Paris. Sept ans plus tard, le père devenu orphelin lui dédie un livre, La gloire d’Inès, publié aux Editions Stock. Un livre d’une réelle beauté, débordant de questionnements existentiels, d’ouvertures artistiques, de tendresse et d’amour.

Note de la rédaction :

Une funeste nuit 

Nous sommes le 21 mars 2009. C’est une nuit comme une autre. Inès et Gabriel sont sortis tard la veille. Alors que le couple dort paisiblement, un incendie se déclare dans l’immeuble du IXème arrondissement parisien dans lequel ils logent, rue de Calais.

Le sort en a voulu ainsi, et aussi terrible et injuste que cela puisse être, les faits sont là : Inès, 20 ans, décèdera suite aux inhalations de monoxyde de carbone, entre 6h25 et 6h35 cette nuit-là. Son père, Philippe Delaroche, l’apprend tôt le matin, quand deux policiers viennent sonner à sa porte. Une longue période de deuil débute, faite de questionnements incessants, d’un certain mysticisme et d’une terrible douleur. Comment un père peut-il se relever, suite au décès d’un enfant ? En décidant de dédier un livre à sa fille, La gloire d’Inès, Philippe Delaroche étudie toutes ces questions avec beaucoup de justesse et d’émotions.

Un livre aux multiples références

Au fil de la lecture, un détail saute immédiatement aux yeux, outre l’amour immense, et omniprésent : Philippe Delaroche a cherché dans les archives des compagnons d’infortune. De Shakespeare à Michel Serrault, en passant par LamartineVictor Hugo, Michel Audiard et bien d’autres, Philippe Delaroche met en lumière la parole de ces pères orphelins face à la douleur extrême et contre-nature de la perte d’un enfant au fil des siècles, et en ponctue son propre écrit.

Le livre est également truffé de références, de citations et d’anecdotes sur divers poètes et auteurs qui possédaient une place importante dans la relation qu’il entretenait avec sa fille (Jim Morrison, Dylan Thomas, ou Goethe).

Un livre hommage

On ne se remet jamais de la mort d’un enfant. Avec beaucoup de beauté, cependant, Philippe Delaroche a fait de cette tragédie un livre magnifique. Un livre où s’enchaînent souvenirs et anecdotes d’un père et de sa fille. Un livre où s’expose toute la personnalité complexe d’une jeune fille brillante, « mystérieuse », passionnée.

Toute la beauté de l’ouvrage tient également dans l’intelligence de ce père à laisser la parole aux autres : à l’homme qu’elle aimait, à ses amis. Car le souvenir appartient à tous ceux qui l’ont côtoyée, Philippe Delaroche publie dans son livre les témoignages de son entourage, et donne à voir un portrait approfondi de qui était Inès. Une jeune fille pleine de vie, et qui le demeure, grâce à ce livre qui la rend immortelle.

Philippe Delaroche, La gloire d’Inès, Editions Stock, 312 pages, 19,50€.

Date de parution : 9 mars 2016

Visuel : © DR


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