« La cour des innocents », un recueil joliment cruel de Fabien Pesty

21 mars 2014 Par
Yaël Hirsch
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Primé pour 3 de ses nouvelles, le talentueux Fabien Pesty donne à lire avec La cour des innocents un recueil serré comme un expresso du matin, où nostalgie et lucidité font un cocktail détonnant. Un talent à suivre et à découvrir aux éditions Paul & Mike.

fabien pestyEntre un père routinier qui conduit dangereusement, un caïd qui fume des cigares à chaque moment clé de sa vie, un très vieux monsieur qui gagne un jeu de dix petits nègres macabre quand il perd l’une de ses plus vieilles connaissances ou une mystérieuse caissière d’aire d’autoroute, les textes de La cour des innocents donnent à découvrir une galerie de personnages qui semblent parler par-delà leur mort ou leur vie.

Dans un style incisif, avec une cruauté bien maîtrisée, la cour des innocents de Fabien Pesty bruisse, vibre, se débat; jamais innocente parce qu’elle a vécu, souvent capable et coupable de heurter ses plus proches parents, les voix des personnages rejouent un passé qui a éclaté comme un coup de dés. Une dizaine de nouvelles très maîtrisées et qui font de leur auteur une plume à suivre absolument.

Fabien Pesty, La Cour des innocents, Paul & Mike, 190 p., 12 euros. Sortie le 20 mars 2014.

« Les meilleurs souvenirs sont ceux que tu réinventes. ceux que t’as réellement vécus ça s’appelle la nostalgie. Alors la nostalgie, on la maquillera en souvenirs, on y donnera les couleurs qu’on veut, la musique qu’on veut, la météo qu’on peut. On prendra la peine de visiter des souvenirs d’aventures qu’on n’a jamais connues, parce que c’était pas le bon endroit, parce que c’était pas la bonne saison. Fin mars. » pp. 17-18.

visuel : couverture du livre


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