« J’ai tué papa » de Mélanie Richoz : petit livre de la différence et de l’amour

13 mars 2017 Par
Marine Stisi
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Les Editions Slatikne & Cie ont publié récemment ce petit livre à la beauté fragile. J’ai tué papa, troisième roman de l’écrivaine et ergothérapeute suisse Mélanie Richoz, est une virée sensible dans le monde craquelé d’un petit garçon différent. Un coup de projecteur sur l’autisme vu de l’intérieur.

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Antoine est un petit garçon pas tout à fait comme les autres. Autiste, il lui est difficile de communiquer, de comprendre l’humour, de savoir ce qui se fait en société et ce qui ne se fait pas. Antoine n’a pas d’amis, mais il a ses dinosaures.

Lui, c’est un diplodocus : « Comme moi, il est mince et allongé, il enfouit sa tête entre ses épaules et ne lève pas le cou, et comme moi, il est une proie facile pour les autres espèces ». Mais heureusement, Antoine a son papa, un T-rex féroce qui se protège des vélociraptors qui veulent l’attaquer.

Seulement, voilà. Tous les matins, Antoine s’amuse avec son papa. Il tue papa tous les lundis matins d’un « pan » virtuel lâché dans les airs de leur cuisine. Mais un lundi, papa ne se réveille pas. Commence alors un récit fragile et doux à trois voix, conté d’une plume sensible et brève par Mélanie Richoz, ergothérapeute dont c’est le troisième roman.

Dans J’ai tué papa, le lecteur se retrouve tour à tour dans la tête des trois protagonistes de cette histoire : dans le tourbillon d’Antoine, dans ses bonheurs, ses victoires, ses angoisses et ses crises ; dans la peur de sa maman qui souffre la condition de son fils, sa solitude et la perte de son mari ; dans les larmes intérieures de son papa qui ne se réveillera pas alors même qu’il voudrait vivre avec eux, avec sa femme, avec son Antoine qu’il ne peut plus protéger.

Mélanie Richoz réussit avec brio le pari de donner des clés à autisme, de l’éclairer, sans le juger ni tenter d’expliquer quoi que ce soit. Grâce au personnage d’Antoine, elle parle de tous les enfants dans la même condition, rejetés, incompris. D’ailleurs, ne dédie-t-elle pas ce livre à « ses petits patients » ? Ce roman, bouleversant malgré sa petitesse, est une belle ode à la différence, à l’ouverture d’esprit, à la compréhension de l’autre. À l’amour, tout court.

Mélanie Richoz, J’ai tué papa, Editions Slatkine & Cie, 112 pages, 12€.

Visuel : (c) DR


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