« Fairy Tale », le conte désenchanté de Hélène Zimmer

19 février 2017 Par
Yaël Hirsch
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Dans son premier roman, Fairy Tale, Hélène Zimmer met en scène une famille jeune et contemporaine qui lutte contre l’étranglement financier que génère le chômage du père. Une émission de téléréalité pourra-t-elle les sauver ? Un beau portrait de femme et un roman puissant qui fonctionne par tableaux successifs.

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Loïck a perdu son travail à la cartonnerie et arrive bientôt en fin de droits. Avec Coralie, sa femme, ils ont emménagé avec leurs trois enfants dans une maison, mais le salaire de la maman, vendeuse au supermarché ne suffira pas à assurer les besoins de la famille. Alors que Loïck fait du mieux qu’il peut son travail de père, le couple souffre de son chômage et tandis que la pression monte aussi au travail pour Coralie, cette dernière se tend de plus en plus et avec Loïck et avec les enfants. Elle décide de jouer le tout pour le tout et inscrit en secret son compagnon à un jeu télévisé dont l’objectif est de retrouver du travail pour des candidats chômeurs. La téléréalité Fairy Tale va-t-elle accomplir un miracle ?

Fonctionnant en tableaux successifs qui semblent à la fois infiniment réalistes et oniriques, le roman d’Hélène Zimmer est un conte cruel où le désenchantement est abrupt et le constat social sans appel. Et pourtant, malgré son caractère sociologique assumé, au travail au supermarché, dans l’intimité d’un couple miné par le chômage de l’homme, dans les jardins des voisins autour du barbecue ou au camping pour une semaine de vacances hors du temps, les personnages restent fort et marquants et malgré le destin qui s’acharne, il y a bien des héros du quotidien dans ce livre fort et précis.

Hélène Zimmer, Fairy Tale, POL, mars 2017, 285 p. 17 euros.
Visuel : couverture du livre