« Désorientale », un premier roman choc et persan de Négar Djavadi

29 juillet 2016 Par Yaël | 1 commentaire

L’iranienne Négar Djavadi pourrait bien être une des grandes révélations de cette rentrée littéraire 2016. Avec un premier roman familial, rock et très intime sur le parcours d’une iranienne qui a dû quitter son pays à 10 ans, cette auteure au style coup de poing signe un premier roman qu’on ne lâche pas. Désorientale est à lire dès le 25 août.
Note de la rédaction :

Cadette de trois filles dans une famille unie et aimante, la jeune Kimiâ Sadr voit assez tôt sa vie basculer quand son père, Darius, entre en politique avec une lettre virulente à l’égard du Shah. Comme il ne sera pas plus tendre à l’égard de Khomeiny, après des années de cachette et de profil bas, la famille sera bientôt obligée de partir pour Paris… C’est depuis une salle d’attente de l’hôpital Cochin, où elle attend une insémination artificielle, que la femme devenue ingénieur son après avoir vécu à Bruxelles, Londres et Amsterdam, écrit en parallèle sa vie personnelle et l’épopée d’une famille blessée, heurtée mais aussi forgée par les événements politiques qui ont eu lieu dans le pays qu’elle a dû quitter.

Nerveux, à vif et donnant voix à plusieurs femmes et types de femmes (notamment la grand mère et la mère), Désorientale se déploie en deux faces (la A et la B) pour tresser le fil narratif d’une grande histoire familiale. L’angoisse, la peur, les interdits, l’exil sont très présents, mais il y a aussi beaucoup d’amour, de diversité et de courage dans cette famille de dissidents, chacun à sa manière. Les sentiments seront exprimés bruts par une narratrice qui parvient à échapper toujours à tous les clichés et on ne lâche pas le ivre juste pour savoir comment elle en est arrivé à vouloir coûte que coûte un enfant pour prolonger la légende! Un magnifique roman plein d’humour, de mélancolie et d’originalité.

Négar Djavadi, Désorientale, Liana Levi, 384 p., 22 euros. Sortie le 25 août 2016.

« La démocratie et la justice sociale, la possibilité de s’appuyer sur une administration pour régler les problèmes, ont sans doute leur part dans le fait que le Français ne sentent pas le besoin de se rapprocher, de communiquer, de lancer son filet plus loin que sa mare habituelle. il reste fermé sur lui-même, protégeant sa tranquillité et son espace vital avec la même hargne qu’une poule ses œufs. J’agis comme cela moi aussi. Je me rétracte à l’approche d’inconnus; je me contente d’un bonjour murmuré quand je rencontre un voisin. L’enfant volubile et liante que j’étais est devenue une adulte parisienne avec un visage fermé à chaque fois qu’elle sort de chez elle. Je suis devenue, sans doute comme tous ceux qui ont quitté leur pays, une autre » pp. 53-54.

Et pour la Bande Originale de de roman très rock, c’est ici.

visuel: couverture du livre


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