« Collector » d’Olivier Bonnard : un inventaire décevant

1 juin 2016 Par Jérôme Avenas | 0 commentaires

Tu es geek, tu as la quarantaine, tu te mets à chanter le générique de Capitaine Flam à tue-tête dès que tu entends les premières notes, tu as gardé dans un carton tous tes LEGO et tes figurines Goldorak, « Collector », le nouveau roman d’Olivier Bonnard publié chez Actes Sud est fait pour toi. Enfin… presque. Dans ce thriller très documenté, mais sans grande originalité, on retrouve, la larme à l’œil, les jouets qui ont marqué les années 80. Il nous manque tout de même un je-ne-sais-quoi capable de dépasser l’effet catalogue produit par cette collection vintage.

2007, Thomas Strang, toyhunter acharné, respecté dans l’univers des geeks nostalgiques tombe sur un mystérieux robot en vidant la cave d’un vendeur de jouets. « Le gladiateur », est un dérivé du dessin animé ArkAngel. Joint à ces deux acolytes , « le samouraï » et « le viking », ArkAngel devient un jouet « doté d’une fonction time travel ». Il n’en faut pas plus pour que notre héros, capable de claquer 1180 euros dans une figurine X-OR, quitte à se faire larguer par sa copine, se lance à la recherche des deux chaînons manquants qui lui permettront, on en frissonne, de repartir en 1985. Le chemin est semé d’embûches, mais il peut compter sur la complicité d’Hélène Verballe, une privée cougar à « la voix sucrée » engagée par Thomas pour l’aider dans ses recherches. N’en disons pas plus.

Collector est parfaitement documenté, on apprend une foule de choses sur les jouets dérivés des fables nipponnes qui ont bercé notre enfance, grâce, notamment, aux six interludes qui rythment le roman, en forme d’articles écrits par Thomas Strang : Game & Watch Donkey Kong de Nintendo (vendu à 43,4 millions d’exemplaires), Mightor de Mego (« l’ancêtre de Musclor »), Goldorak Jumbo de Mattel (« 129 francs aux 3 Suisses catalogue automne/hiver 1978/1979 »), la navette d’Ulysse de Popy/Bandai (« le premier épisode d’Ulysse 31 est diffusé sur FR3 le samedi 3 octobre 1981 à 19h55 »), Big Jim 004 de Mattel (« distribué en Amérique latine sous le nom de… James Bond Agente 007! »), Musclor de Mattel (« une fois n’est pas coutume, c’est le dessin animé qui est le produit dérivé des jouets, et non l’inverse »).

Passé le plaisir régressif de retrouver une collection de jouets, chansons, références cinématographiques (Retour vers le futur, par exemple) et autres objets des années 80, on s’ennuie un peu, hélas : beaucoup de « rebondissements » prévisibles et quelques clichés.

À noter qu’Olivier Bonnard a ouvert un compte Instagram @lost_in_1985 où l’on retrouve avec jubilation, les visages, entre autres, de Bonnie Tyler, JR Ewing et le packaging de La Vache qui rit (3,90 frs) de 1985.

Collector, Olivier Bonnard, Actes Sud, sortie en librairie le 1er juin 2016, 21,80€

Visuel : © compte Instagram d’Olivier Bonnard @lost_in_1985


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