« Charmer, s’égarer et mourir » de Christine Orban : dans l’intimité de Marie-Antoinette

9 avril 2016 Par Marine Stisi | 0 commentaires

Christine Orban, auteure d’une vingtaine de romans, publie chez Albin Michel un livre consacré à la plus romanesque des souveraines qu’a connu la France, la légendaire Marie-Antoinette. Avec Charmer, s’égarer et mourir, Christine Orban, tirant son titre de Lamartine, signe un livre passionnant, au regard profondément féminin, à la hauteur de la légende de la plus française des reines autrichiennes.

Note de la rédaction :

Un énième livre sur Marie-Antoinette, mais pas que…

Il existe un nombre certain de romans et autres biographies consacrés à Marie-Antoinette. Si le plus populaire des ouvrages reste celui écrit par Stefan Zweig, le nouveau roman de Christine Orban, tout à coup, sort du lot. En effet, dans Charmer, s’égarer et mourir, l’auteure (qui, en plus d’avoir écrit de nombreux romans, a publié également quelques biographies, notamment de Virginia Woolf) expose une relation particulière avec la souveraine, et sort, de ce fait, des sentiers battus en matière de biographies historiques.

Un livre consacré à un personnage historique implique une rencontre. Une véritable relation s’établit entre l’auteur et son sujet, et celui-ci prend une place considérable dans la vie de la personne qui s’est penchée sur lui. Avec beaucoup de justesse, Christine Orban traite de cet aspect de son travail, un aspect absolument passionnant et juste.

En effet, si elle décrit, avec la précision de l’historienne et la poésie de la romancière, certains des moments forts de la vie de M.A. (son arrivée à la cour de France, ses rapports avec son époux, Louis XVI, sa relation avec Axel Von Fersen, et bien sûr, son arrestation puis exécution), elle fait aussi des apartés écrits à la première personne très pertinents. Des apartés intimes sur son ressentiment personnel quant à la souveraine, une souveraine qui, pour bien des femmes, a été sources d’intrigues.

Un peu d’elle dans chacune de nous

« M.A. n’écrivait pas, ne peignait pas, nos mondes étaient suffisamment éloignés pour que je me lance dans l’aventure, sans craindre de me confondre. Mais sa vie rencontra tant de résistances, de frustrations, de contradictions qu’il est impossible de ne pas reconnaître une résonance dans ce florilège de souffrances humaines ».

S’intéresser un jour à la figure de Marie-Antoinette, c’est prendre le risque de se découvrir un miroir. Marie-Antoinette (qui, sous la plume de Christine Orban, devient M.A.), en quelques mots, peut faire partie de toutes les femmes. Nous pouvons toutes retrouver de nos souffrances dans celles qui furent les siennes. En cela, y a-t-il meilleure reine ?

D’une manière ou d’une autre, la figure de Marie-Antoinette ne sait laisser indifférente, et Christine Obran a su mettre en avant le mystère qui entoure encore la dernière grande reine de France. Elle intrigue quoi qu’elle fasse, et même, plus de 220 ans après sa mort, elle continue d’exercer un certain magnétisme sur ceux qui prendraient le risque de s’y intéresser de trop près, lui pardonnant tout… Mais, d’ailleurs… qu’avons-nous à lui pardonner, exactement ?

Christine Orban, Charmer, s’égarer et mourir, Albin Michel, 304 pages, 19,50€.

Date de parution : 7 avril 2016

Visuel : © DR


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