Après le banquet de YUKIO MISHIMA chez Folio

27 juillet 2017 Par
David Rofé-Sarfati
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Yukio Mishima fut un auteur prolifique. Son oeuvre se compose de près d’une centaine d’ouvrages, regroupant à la fois romans, nouvelles, essais, pièces de théâtre. Après le banquet tient la chronique d’une fin de vie qui illustre que la vieillesse n’est synonyme ni de régression ni de résignation.

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Kazu, la propriétaire d’un grand restaurant de Tokyo a conservé malgré la cinquantaine, une grande beauté.  À l’occasion d’un banquet, elle fait la connaissance d’un ancien ministre, Noguchi.  Elle qui se croyait à l’abri des aventures amoureuses, finit par épouser Noguchi. Avec son aide, il reprend goût à la vie et à l’action politique. Mais, entre l’intellectuel idéaliste et la femme d’affaires pragmatique la vie conjugale va construire d’insolubles conflits.

Yukio Mishima  écrit ici un bijou de la littérature japonaise.  L’histoire de cette femme d’affaires d’une cinquantaine d’années et d’un ancien ministre sexagénaire  qui décident d’unir leur vie traverse les questions de l’âge de nos amours mais aussi de ce que les femmes décidées font aux hommes lorsqu’elles s’entichent de les changer. En dépit de bons moments partagés ensemble, lentement un fossé s’ouvrira entre eux . La plume est tout en pudeur. le récit est allusif. Sous les mots s’agite une femme prête à tout pour son nouveau mari, une femme ne renonçant à rien pour son propre désir . Elle voulait un caveau familial pour qu’on sache où la pleurer, et pour cela voulait une famille.  Mais son nouveau mari se révèle fade, ne la comprend pas. Elle insistera longtemps avant de renoncer.

Yukio Mishima parvient à déployer en une courte histoire le désir de réussir et son prix au sein d’une modernité faisant face à une traditionalisme étouffant. Nous apprendrons beaucoup de cette femme dont l’idéal se construit dans un imaginaire optimiste qui bientôt cessera de se duper lui même.

Visuel : DR