Tête en l’air, Richard Gaitet devient le héros de sa propre épopée

23 mai 2018 Par
Marine Stisi
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Les Editions Paulsen publient les aventures rocambolesques du journaliste et écrivain Richard Gaitet, devenu le temps d’un livre le héros de sa propre histoire, celle qui l’a fait gravir au sommet du mont Blanc. Un récit à qui la formule un peu bateau « incroyable mais vrai » va comme un gant (fourré et doublé pour protéger du froid, le gant).

 

Le journaliste et écrivain Richard Gaitet le dit lui-même : il est globalement plus de ceux qu’on retrouve pour un apéro bien arrosé que de ces copains casse-cous toujours prêts à proposer une randonnée pendant les vacances. Les aventures, Richard Gaitet a (presque !) toujours préféré les conter ou même, les écrire. C’était le cas dans son magnétique L’Aimant, roman maritime à la rencontre de Jules Verne et d’Hergé, paru il y a tout juste deux ans.

Pour son retour sur le devant de la scène littéraire, le journaliste a changé de camp, a délaissé l’eau pour la neige et a saisi en plein vol la chance inouïe qui lui était offerte de devenir, le temps de quelques escapades en haute montagne, l’acteur de ses propres aventures. D’une plume habile et maligne, pleine de poésie et d’humour, celui dont la voix enchante tous les soirs la Nova Book Box, juke box littéraire de Radio Nova, raconte sa première ascension du mont Blanc, commandée par la maison d’édition Paulsen. Une aventure aussi dingue qu’elle en a l’air, semée d’embuches et de rebondissements.

S’en donner les moyens

Première étape : préparer son corps. Mettre le saucisson, le jambon de pays, le vin, de côté. Le remplacer par du sport, intensif, ne plus se trouver d’excuse. Sauter, courir, suer, éliminer les graisses. Deuxième étape : s’entrainer sur le terrain, auprès de celui qui deviendra le deuxième personnage plus important de cette histoire, René Ghilini, chasseur de cristaux précieux, vainqueur de l’Annapurna, guide de haute montagne. Un Indiana Jones des monts glacés, quoi. Et le strict opposé de Richard Gaitet (sans offense !).

Pendant des mois et des mois, Le Seigneur des Anneaux de J.R.Tolkien ou Frankenstein de Mary Shelley dans sa besace, le blondinet Richard retrouvera René l’exigeant au grand cœur. A son écoute, il apprendra ce qui se doit d’être appris et retenu pour tenir son engagement : atteindre les 4 808 mètres du mont Blanc, le sommet de l’Europe, tombeau à ciel ouvert qui voit mourir à ses pieds des hommes parfois bien plus expérimentés que Gaitet, pour une erreur, une inattention d’une seconde qui peut devenir fatale. La peur alors, bien sûr. Mais c’est cette peur aussi, qui permet d’avancer. Comme dirait le Capitaine Haddock : Et dire qu’il y en a qui font ça par plaisir !

Richard Gaitet signe ici son plus grand roman d’aventures pour une seule et bonne raison : c’est la sienne. D’un point de vue littéraire, l’histoire est bien ficelée, les détails techniques (Dieu merci !) nous sont souvent épargnés : ne nous reste que le croustillant, l’amusant, l’étonnant. On rit autant qu’on en ressort plein de fierté pour un homme du genre banal, presque un peu lourdeux, qui réussit, non sans fierté lui non plus, à surpasser ce qu’il n’aurait jamais pensé possible. Bravo l’artiste !

 
Tête en l’air, Richard Gaitet, Editions Paulsen, 289 pages, 19,50€.

Date de parution : 24 mai 2018
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