« Les doreurs de pilule » ou la folie litteraire de Mathias Daval

20 avril 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 0 commentaires

En ces temps obscurs où le mot « debout » signifie « assis », il est de bon ton de se rappeler que si les mots ont un sens c’est pour mieux les troubler et les détourner. C’est ce que fait Mathias Daval, dans Les doreurs de pilule, illustré par Philippe Cruyt et préfacé par l’espiègle Alain Rey.

A la fois bande dessinée, délire littéraire oulipien et jeu d’enfant, Les doreurs de pilule amuse et déroute le lecteur qui pourra le prendre de A à Z ou plutôt de Artisanat à Hors-La-Loi. L’ouvrage propose de réinventer des vrai-faux métiers. Saviez-vous qu’un « Perdeur de fil » était un tisserand ? On se marre sérieusement à prendre les expressions les plus usuelles au pied de la lettre et il faut dire que le mécanisme est infini.
Le trouble arrive quand on ne sait plus démêler le vrai du faux. ça parait plausible non l’idée qu’un « Baisseur de ton » soit « L’assistant dans l’atelier d’un maitre peintre, particulièrement prisé par les artistes d’un âge avancé et à la presbytie certaine » ?

Quand aux illustrations de Philippe Cruyt, elles sont délicieuses et nous rappellent la nostalgie et l’humour d’un Sempé. D’ailleurs, là est bien le fil conducteur de cet ouvrage : la nostalgie et l’humour. Mathias Daval à l’humour d’un Raymond Devos. Il faut beaucoup aimer les mots et les facecies de la langue française pour commettre un ouvrage d’hommage à l’absurde.

Visuel : © Ateliers Henry Dougier


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