« Le Génie de la bêtise » de Denis Grozdanovitch chez Grasset

2 février 2017 Par
Magali Sautreuil
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« Nul n’est suffisamment intelligent pour comprendre sa propre bêtise » et c’est bien là « Le Génie de la bêtise » que Denis Grozdanovitch tente de nous faire comprendre dans cet ouvrage, paru chez Grasset le 18 janvier dernier.

betise

Denis est un ancien sportif de haut niveau reconverti dans l’écriture, les échecs et la philosophie. Un parcours aussi désarçonnant que son livre.

Flânerie anecdotique au cœur de la bêtise, ce dernier n’est pas qu’une simple étude de cas, mais une analyse de nos sociétés et des hommes qui la composent.

Cette passion de l’auteur pour la bêtise ne date pas d’hier. Enfant, il fut initié à l’étude de ce sujet épineux et complexe par son père. Le jeu préféré de ce dernier était en effet de pousser des intellectuels à faire étalage de leur savante bêtise, ce qui donnait lieu à quelques saynètes comiques, reprenant ainsi le principe du « dîner de cons ». C’est justement de cette bêtise de l’intelligence dont il est question dans ce livre.

La bêtise est indissociable de l’intelligence, cette dernière ayant besoin de la première pour exister et se hisser. Le problème est que la bêtise se loge partout et, la plupart du temps, à notre insu. Il est impossible de s’en défaire.

Pourtant, l’homme, en pensant qu’il est plus intelligent que les autres espèces et qu’il est le centre de l’univers, s’est arroger le droit d’exploiter tous les autres êtres vivants, au nom du sacro-saint progrès. Aurait-il oublié que tout notre prétendu savoir n’est qu’illusion ?

Afin d’éviter de sombrer dans la bêtise, il est donc primordial de faire preuve de scepticisme à l’égard de toutes choses, de bon sens et de prendre le recul nécessaire à la réflexion. Cela n’est guère aisé, surtout à notre époque où l’on ne cesse de courir après le temps et où tout est formaté.

Malgré toutes ces précautions, il se peut que vous ne puissiez vous débarrasser de l’idiot qui sommeille en vous. La bêtise n’est pas forcément une mauvaise chose : elle a aussi ses bons côtés. Si la bêtise s’apparente à l’ignorance, être ignorant permet de jouir de l’insouciante béatitude de simplement exister, alors que le savoir peut être porteur de malheur, d’insatisfaction et de tristesse.

Ce livre ne vous apportera en aucun cas un remède miracle à la bêtise, la bêtise étant, selon Flaubert, de vouloir conclure. Si vous acceptez de vous laisser porter au gré du hasard des rencontres et des évènements, vous découvrirez le pays très peuplé de la bêtise. De Valentin, le cousin provincial simple d’esprit aux fanatiques du progrès, en passant par les sempiternelles discussions talmudiques, la bêtise est abordée sous toutes ses formes.

Cet ouvrage philosophique, extrêmement bien documenté, porte un regard à la fois drôle et circonspect sur la bêtise humaine. Même si le raisonnement peut nous paraître quelque peu décousu, il suffit de se laisser porter par la prose de son auteur pour pouvoir l’apprécier à sa juste valeur !

Caractéristiques :

Titre : « Le Génie de la bêtise »

Genre : Roman philosophique

Auteur : Denis Grozdanovitch

Éditeur : Grasset

Format : 14 cm de large pour 20.5 cm de long

Nombre de pages : 320

EAN : 9782246810711

Prix : 20 €