L’affaire Brierre, un crime insensé à la Belle Époque

22 avril 2015 Par
Jean-Paul Fourmont
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Alain Denizet, professeur d’histoire – géographie, dans un collège en Eure et Loir, met en lumière un crime qui s’est déroulé à la Belle Époque, en Eure et loir.
Le livre est préfacé, par l’historien Alain Corbin (professeur à l’université Paris1 – Panthéon Sorbonne), et a reçu le prix du manuscrit de la Beauce et du Dunois 2014.

brierre

UN CRIME QUI A EU UN RETENTISSEMENT INTERNATIONAL

Dans la nuit du 21 avril 1901, cinq enfants sont assassinés à Corancez, un petit village près de Chartres ; c’est leur père qui est accusé.
Cette affaire a été la plus médiatisée entre 1870 et 1914, elle s’inscrit dans un temps long jusqu’en juillet 1910.

CONTEMPORAINE DE LA MONTÉE DU FAIT DIVERS
Cette affaire voit, le journaliste devenir un enquêteur ; il entre dans la vie des gens sans retenue, et écrit rapidement des articles à sensation qui font vendre des journaux comme jamais.
Tout le monde s’emballe, on parle de la légende noire des paysans, et on les qualifie d’attardé.
Selon le mot de Gambetta « la civilisation n’a atteint qu’à l’épiderme ».

LE PROCÈS EST RETENTISSANT
Le procès est retentissant : le président est partial, l’avocat dépassé, l’accusé inébranlable dans l’affirmation de son innocence.
Il est pourtant condamné.
L’affaire quitte le terrain judiciaire, pour investir le champ politique, provoquant des débats houleux sur la grâce présidentielle et la peine de mort.
De plus la presse antidreyfusarde se réveille et jette le même anathème sur « le traître et l’
assassin ».

N’AVOUEZ JAMAIS

La presse fut fascinée, par ce crime.
Les lecteurs et les journalistes se repaissent de ce qui lie le journal et le crime, à savoir l’encre et le sang (Dominique Kalifa).
Certains journaux dirent de lui, qu’il avait fait sien le mot d’Avinain (accusé de deux crimes et qui fut exécuté, sans jamais avoué) » N’avouez jamais ».

Cette affaire met en relief, la France à l’aube du siècle précédent.
Cette famille Brierre est originale, c’est une famille nombreuse immergée, dans le monde rural.
Le nom du chien Ravachol, détonne (anarchiste français redoutable), dans cette configuration.
Cette société rurale, est proche de celle décrite, par Émile Zola, dans « la terre » (roman qui se passe à Cloyes, en Eure et Loir également).
Au niveau judiciaire, il y a une évolution, on parle de l’indice et on se demande, quel statut donner à la folie.
Cet ouvrage, évoque une page d’histoire, de notre pays, avec de nombreux détails.
L’emballement médiatique, en dit long, sur les mentalités, de cette époque.
Un beau travail, pour une histoire qui est tombé, dans l’oubli ;
La personnalité de Brierre, qui n’est pas un Landru, en est certainement responsable.

L’affaire Brierre, un crime insensé à la Belle Époque, éditions de la Bisquine, avril 2015,20 euros.


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