« Justice », le cours mythique de Michael Sandel à Harvard sort en français chez Albin Michel

10 avril 2016 Par Yaël | 0 commentaires

Alors que les vidéos du cours mythique d’éthique et politique que donne Michael Sandel à Harvard font littéralement des millions de vues sur youtube (6 millions pour l’épisode 1!), sa compilation sous forme de livre et sous le titre Justice vient de paraître dans une traduction de Patrick Savidan, ce mois d’avril 2016 chez Albin Michel. Un opus déjà classique, riche de nombreux cas concrets et qui sera utile, aussi bien pour commencer la théorie politique que pour préparer un cours ou réviser ses classiques.
Note de la rédaction :

Très proche du cours que le politiste donne depuis 30 ans dans la prestigieuse université américaine, Justice propose de parcourir toutes les possibilités d’une pensée de la Justice et donc de l’éthique et de la politique, aujourd’hui, en commençant par des cas très concrets : l’ouragan Charley, la conscription,  des avis  de la cour suprême, les mères porteuses, les pom-pom girls, le salaire comparé d’une instituteur et du présentateur David Letterman et même Winnie l’Ourson.

Commençant par la question du jugement, Sandel dresse de manière très pédagogique le portrait des grands courants de pensée de la justice en nos temps moderne d’individualisme et de relativisme des valeurs (l’utilitarisme de Bentham et Mill, l’impératif catégorique de Kant et la théorie de la Justice de Rawls), en entrecoupant ces points très théoriques de questions politiques et pratiques que tout un chacun se pose sur l’égalité des chances et des revenus (le chapitre 7 sur la discrimination positive est particulièrement riche et engagé).

Ce n’est qu’en fin de parcours qu’il revient à Aristote (chap. 8), et à la notion de téléologie (interrogation sur la finalité des institutions politiques), ce qui lui permet de réélaborer la notion ancienne de vertu et de nous résumer la manière dont il a pu critiquer l’individualisme de Rawls, pour proposer de prendre en considération l’impact de ses communautés dans la vraie définition de liberté et pour arriver à sa définition de la justice : celle d’une prise en compte des croyances de chacun pour aller vers le « bien commun ».

La dernière partie de l’ouvrage s’assimile donc à un dialogue qui semble jamais vraiment terminé avec le regretté John Rawls et à une critique du libéralisme pour proposer une défense d’une conception « compréhensive » de la  la Justice : « Demander à des citoyens démocratiques de laisser au vestiaire leurs convictions morales et religieuses au moment d’entrer dans l’espace public peut- apparaître comme un sûr moyen de garantir la tolérance et le respect mutuel dans la discussion. En pratique cependant, l’inverse peut être vrai » (p. 355). Une pensée  enseignée depuis plus de 30 ans mais qui peut paraître quasi-nouvelle dans une France obsédée par son principe de laïcité.

Michael Sandel, Justice, trad. Patrick Savidan, Albin Michel, 416 p., 21, 50 euros. Sortie le 7 avril 2016.

visuel : couverture du livre.


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