Dieu surfe au Pays basque, une histoire d’amour signée Harold Cobert

1 mars 2012 Par
Yaël Hirsch
| 1 commentaire

Après le succès d' »Un hiver avec Baudelaire » (Eho, 2009) et la mode rétro qu’il a lancée avec « L’entrevue de Saint-Cloud« (eho, 2010), Harold Cobert revient à des considérations plus personnelles dans son nouveau roman  au titre ironique « Dieu surfe au Pays basque ». Un livre profond signé par un homme amoureux et en colère. Sortie le 8 mars 2012 aux éditions Héloïse d’Ormesson.

Ils se rencontrent un nuit magique sur la côte basque. Elle sort d’un mariage difficile, il sort de la légèreté de la jeunesse après une relation passionnelle avec une perverse narcissique. Ils se trouvent et restent ensemble, d’autant plus libres qu’ils sont deux. Ils emménagent dans un appartement près de la gare Saint-Lazare, toujours plein d’amis qui viennent prendre le thé ou dîner. Elle tombe enceinte, c’est un immense bonheur pour lui. Et aussi une immense peur : non pas celle, classique, d’être père, mais celle de perdre l’enfant.

Superposant 3 lignes de temps : les affres du deuil prématuré, les ivresses de la rencontre et les fantômes du passé, Harold Cobert raconte de manière directe et sans fausse pudeur le ressenti d’un homme amoureux de sa femme enceinte quand celle-ci perd son enfant avant terme. A l’heure ou 15 à 20 % des grossesses n’arrivent pas à leur terme en France, il est touchant de voir un homme prendre la plume pour donner deux (et presque trois) voix aux protagonistes de cette histoire terrible et plus fréquente qu’on ne le croit. Trempé à l’encre d’une rage contre les cieux que seul l’amour de l’épouse sait lentement apaiser, « Dieu surfe au Pays basque » est un très beau livre, fort et sans concessions. Une histoire d’amour, une vraie, où l’engagement ajoute à la créativité et où le malheur ne parvient pas à éroder ce socle qu’est le couple.

Harold Cobert, « Dieu surfe aux Pays basque », eho, 160p., 15 euros. Sortie le 8 mars 2012.

« Les jours ont recommencé à passer. Puis les semaines. tout me paraissait frappé d’une profonde inanité. J’accomplissais des gestes et prononçais des paroles de manière automatique, comme si ce n’était pas moi qui les avais accomplis ou prononcées.« , p. 137.

Informations Pratiques


Liens: Eho