Rentrée littéraire : Critique au bord de la crise de nerfs

1 août 2008 Par Yaël | 0 commentaires

Blogueur féroce, Didier Jacob dépeint depuis 4 ans la vie du milieu littéraire. Les éditions Héloïse d’Ormesson lui offrent la matérialité d’un livre pour que ses coups de griffes demeurent. Retrouvez chaque semaine Didier Jacob sur son blog, Rebuts de presse. Sortie le 11 septembre.

On aurait envie d’arroser l’arroseur par une critique en règle du critique. Mais hélas! (ou est-ce une bonne nouvelle?), ses textes n’ont pas pris une ride. Ordonnées de manière thématique, les critiques de Didier de Jacob ont une durée de vie suffisamment longue pour mériter cet écrin qu’est le livre. Même ses posts du printemps 2004 gagnent encore à être lus. Ceci s’explique peut-être par le caractère cyclique de la vie des lettres : de la grande rentrée de septembre à la petite de janvier, et retour, en passant par les salons, et bien sûr les incontournables prix. Les têtes d’affiches aussi demeurent, et Jacob se les paie avec un plaisir qu’il sait partager.

Le recueil s’ouvre sur une série de notes sur « la reine Christine » (Angot) absolument goûteuses. Les figures principales de saint-germain des près sont croqués sur le vif, de Yasmina Reza à Frédéric Beigbeder, en passant par l’incontournable Michel Houllebecq. Il manque néanmoins la jeune garde que Zeller n’en peut plus de représenter (Nicolas Fargues, David Foenkinos, Delphine de Vigan, Joy Sorman etc…). Le blogueur a aussi une dent contre certains journalistes (Durand, Savigneau…) et jurys de prix littéraires. Il sait même parfois faire preuve d’admiration, par exemple pour les miscellanées de Mr Schott (ce qui est bien la preuve qu’il est loin d’être un voeux râleur blasé). On goûtera tout particulièrement le billet sur les dédicaces des livres de la dernière rentrée et ses pastiches. Surtout, Jacob est aussi auto-critique. Il avoue qu’il ne lit pas tout (sans blague?), et mesure sa juste place au sein du microcosme qu’il caricature.

Enfin quand le temps littéraire est trop calme, Didier Jacob sait continuer à écrire. Il tourne alors son clavier moqueur vers les milieux de la people-politique et des médias. Le couple présidentiel a une place de choix dans son palmarès. Sous des titres souvent « cruches » (est-ce voulu?), l’humeur du journaliste est constante : vive, sardonique et passant avec facilité du coq à l’âne bâté. « La guerre littéraire » est un très bonne amuse-gueule avant d’entamer le flot de parutions de cet automne.

Didier Jacob, « La guerre littéraire », Eho, 20 euros.


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