De l’Afghanistan au Divan

16 janvier 2011 Par
Yaël Hirsch
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Le premier roman du psychanalyste Jean-François Rouzières dépeint la rencontre d’un ancien lieutenant de retour d’Afghanistan et de la psychanalyse. Quand le revolver rencontre Jacques Lacan, les phrases se font courtes. Très courtes. Et l’intrigue originale. A découvrir depuis le 6 janvier 2011 chez Seuil.

Le même jour, Gabriel perd sa mère en France et sa courageuse chef, Nadja, alors qu’ils sont en mission en Afghanistan. Lui-même a laissé sa voix sur le terrain et rentre à Paris pour tenter de reprendre ses études de médecine et sa relation tumultueuse avec la jalouse, riche et épouse, Mathilde. Ses grandes foulées d’entraînement à vide du matin lui permettent de croiser un psy au nom peu banal : Monte-Christo. Toujours aphone, Gabriel s’installe dès mâtines sur le divan de ce psy qui détient entres autres bizarreries le revolver de Lacan…

Histoire d’un sauvetage par la camaraderie du front et par la psychanalyse, « Le revolver de Lacan » offre surtout une réflexion sur ce que la violence enlève de chair et de sang à la langue. Dans un style à côté duquel celui de Marguerite Duras pourrait sembler opulent, Jean-François Rouzières suit un homme de terrain très perturbé, mais qui a pour habitude de retrouver le  nord, même dans les situations les plus absurdes.

 

Jean-François Rouzières, « Le revolver de Lacan« , Seuil, 303 p., 18,50 euros. Sortie le 6 janvier 2011.

« Sur zone. Nuit, Tout est OK. Capa. Le géant. Nadja. Nous agissons par groupes de quatre. Les camarades sont là. déploiement. Mission préparée. Terrain balisé. Application des procédures. Rester ensemble. Nous sommes sur une petite butte de sable. La ville n’est pas loin. Lumières. deux villages dans le champ visuel. Je regarde ma montre. Maintenant! Tout s’éteint. Ne restent que les étoiles. Et la lune. » p. 59