Daniel Glattauer écrit la suite de sa romance électronique

6 avril 2011 Par
Yaël Hirsch
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L’auteur autrichien avait laissé ses lecteurs sur leur faim dans son best-seller « Quand souffle le vent du Nord » (voir notre critique) : Leo et Emmi, qui s’étaient croisés sur le net par hasard de mail, interrompaient leur correspondance amoureuse juste avant de se rencontrer. Dans le volume suivant « La septième vague », l’échange électronique reprend, après six mois de silence…

Malgré ces six mois de rupture, que Leo a passés à Boston pour s’éloigner d’Emmi, quand les deux correspondants se retrouvent « online », leur intimité est demeurée la même. Et le principal obstacle à leur bonheur est toujours bien présent en la personne du mari d’Emmi : Bernhard. De son côté, Leo a fait la connaissance d’une charmante américaine à Boston et elle vient vivre à Vienne pour construire sa vie avec lui. Cet amour véritable n’empêche pas Leo de passer ses nuits à répondre aux mails mutins, tendres et parfois provocateurs d’Emmi…

Cette « suite » du premier volume est, comme il fallait s’y attendre, nécessairement un peu moins fascinante : la fraîcheur du concept de correspondance à la Crébillon en plein XXI e siècle a perdu de sa nouveauté. Mais le subtil Daniel Glattauer tient bien ses 350 pages et parvient à des raffinements psychologiques et littéraires qui gardent le lecteur captif de son texte, jusqu’à la fin du roman. Et il faut dire que Leo et Emmi sont des personnages qu’on a bien du mal quitter… A quand un 3e volume? Même si le dernier livre publié par Glattauer en Allemand est une somme de ses chroniques journalistiques, l’auteur s’est ménagé dans cette « Septième vague » assez d’espace pour imaginer une suite vraiment originale à la correspondance des deux amants internautes.

 

Daniel Glattauer, « La septième vague », trad. Anne-Sophie Anglaret, Grasset, 348 p., 18 euros. Sortie le 6 avril 2011.

« Oui, ici on raconte l’histoire de l’implacable septième vague. Les six premières sont prévisibles et équilibrées. Elles se suivent, se forment l’une sur l’autre, n’amènent aucune surprise. Elles assurent une continuité. Six départs, si différents qu’ils puissent paraître vus de loin, six départs – et toujours la même arrivée.
Mais attention à la septième vague ! Elle est imprévisible. Elle est longtemps discrète, elle participe au déroulement monotone, elle s’adapte à celles qui l’ont précédées. Mais parfois elle s’échappe. Toujours elle, toujours la septième vague.
Elle est insouciante, innocente, rebelle, elle balaie tout sur son passage, remet tout à neuf.
Pour elle, il n’y a pas d’avant, mais un maintenant. Et après, tout a changé.
En bien ou en mal? Seuls peuvent en juger ceux qui ont été emportés, qui ont eu le courage de se mettre face à elle, de se laisser entraîner. » p. 256