Appel au boycott des éditeurs de BD à Angoulême

29 février 2016 Par Amel Bouziani | 2 commentaires

La dernière édition du Festival International de la Bande Dessinée à Angoulême a suscité une grande polémique : aucune femme ne fut représentée. Suite à cela, des éditeurs appellent au boycott de la prochaine édition en 2017. 

Aucune femme à l’honneur

Trame de l’histoire : du 29 janvier au 1 février, la 43ème édition du festival international de la BD d’Angoulême s’est déroulé. Un lieu important pour le 9ème art. Plus tôt dans le mois, le 5 janvier, la liste des 30 auteurs de BD nommés pour le Grand Prix 2016, parmi lesquels le jury sera chargé de designer un (ou des) lauréat(s), s’affiche sur les réseaux sociaux. Il est certain qu’aucune lauréate ne serait élue car la liste ne compte aucune femme ! Dès lors, les internautes s’enflamment sur les réseaux sociaux et plusieurs appels au boycott.

Sexisme dans le 9ème art : Les dessinatrices contre-attaquent

 Le sexisme frappe partout et ce même dans le monde de la BD. Des dessinatrices ont réagit, comme Pénélope Bagieu qui a partagé un article du collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme sur son twitter avec comme commentaire « a pas voté ». Il s’agit bien là d’une discrimination et surtout d’une non-représentativité des femmes alors que leur nombre s’accroît de plus en plus. Finalement, seulement deux femmes ont été récompensées depuis la création du Festival en 1973. Les organisateurs du festival ont répondu à la polémique et rejeté ces accusations de sexisme, soulignant que le Grand Prix décerné à Angoulême est un prix qui récompense l’oeuvre d’un auteur. Or, il est évident que la bande dessinée a longtemps été octroyée par les hommes ce qui est une bien triste réalité. Pour calmer les tensions, une seule femme fut inscrite sur la liste, ce qui est vraiment très peu.

 Les réseaux sociaux, l’arme ultime

Cette histoire a fait réagir un bon nombre d’internautes ainsi que des auteurs nommés ! Riad Sattouf, auteur de l’Arabe du Futur, nominé au Grand Prix, est gêné de savoir qu’il n’y a que des hommes choisis. Il confit sur son facebook qu’il aimerait céder sa place à une auteure comme la mangaka Rumiko Takahashi ( Maison Ikkoku, Ranma ½). D’auteurs comme Joann Sfar, Etienne Davodeau ou les Américains Daniel Clowes et Charles Burns ont demandé d’être retirés de la liste par solidarité avec leurs collègues femmes. Enfin sur twitter, le hashtag #WomenDoBD (les femmes font de la BD) figurent en top tendance en France afin de montrer qu’il existe des dessinatrices de renom et que leurs œuvres sont importantes.

Vers un nouveau salon plus égalitaire ?

Dans un communiqué publié mardi 23 février, 41 maisons d’édition regroupées au sein du Syndicat National de l’édition (SNE) et du Syndicat des éditeurs alternatifs (SEA) ont réclamé une « refonte radicale » du festival le plus rapidement possible. Des éditeurs de BD vont même jusqu’à menacer de boycotter la prochaine édition du festival d’Angoulême. Des éditions comme Dupuis et Kaze ont déjà quitté Angoulême depuis plusieurs années ainsi qu’une grande partie d’éditeurs indépendants. L’absence de femmes  est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Non seulement il y a une baisse de la fréquentation, les prix sont donnés de manière bien trop élitiste, et le mécontentement des  auteurs, souvent mal traités, est provoqué par l’organisation. Et ajoutant à tout cela une cérémonie de clôture «désastreuse». Guy Delcourt, patron de la Maison d’édition Delcourt et président du groupe Bande Dessinée au SNE, a indiqué au journal le Monde que les éditeurs pourraient créer leur propre salon. Les maisons d’éditions ne semblent pas du tout satisfaites de ce festival et aimeraient pouvoir faire table rase en créant un nouveau salon si rien ne change à Angoulême.

Visuel : Femmes Interdites de Bandes Dessinées par © bdegalite.org


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COMMENTAIRES:

  1. Lili

    Merci de vérifier vos sources avant d’écrire. Ce n’est pas à cause du manque de représentativité des femmes que les éditeurs veulent partir !! C’est parce qu’ils trouvent que les prix sont trop élitistes et ne représentent pas la BD.

    1. Amel Bouziani

      Merci pour votre remarque néanmoins l’absence des femmes fait partie de la rogne des éditeurs voici quelques articles plus bas dans le commentaire. Effectivement il y a aussi l’idée des prix trop élitistes mais ma ligne dans cet article était surtout de prouver à quel point le sexisme touche tous les arts. http://www.lefigaro.fr/bd/2016/02/23/03014-20160223ARTFIG00341-festival-d-angouleme-vers-un-boycott-des-editeurs-en-2017.php, http://www.lemonde.fr/culture/article/2016/02/23/des-editeurs-de-bd-menacent-de-boycotter-la-prochaine-edition-du-festival-d-angouleme_4870477_3246.html, http://www.sudouest.fr/2016/02/23/angouleme-16-les-editeurs-menacent-de-boycotter-le-festival-de-la-bd-2282165-813.php

      bien à vous

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