Abha Dawesar déploie l’agenda des plaisirs d’un jeune cadre new-yorkais

6 avril 2011 Par
Yaël Hirsch
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L’auteure de « Babyji » et de « L’Inde en héritage » (eho) poursuit son œuvre de lettres et de désir en se glissant dans la peau d’un jeune cadre new-yorkais. Sensuel et séduisant, « L’agenda des plaisirs » sort le 21 avril chez Heloïse d’Ormesson.

André Bernard est un jeune analyste qui emménage à New-York et intègre une grande boîte de finance. Dès le premier jour, son patron, Nathan l’emmène boire un verre et le séduit. André n’a jamais eu de relation homosexuelle auparavant, et tombe follement amoureux de Nathan. Mais ce dernier est marié et veut lui présenter sa femme, Sybil. Versatile, superbe et touchante, Sybil s’entiche d’André… Par ailleurs, assez seul en ville, du moins au début, André emmène la secrétaire Martha au cinéma ou dîner… Et  André retrouve une ex-amoureuse d’origine indienne, Madhu. La garçonnière d’André ne désemplit pas, et ce dernier est obligé d’organiser son agenda des plaisirs avec méthode… Jusqu’à ce que l’épuisement ou une erreur de sa part fasse crouler son subtil château de corps.

Libertine, impertinente et pleine d’humour, la plume d’Abha Dawesar mène son lecteur à travers un New-York souriant où les possibilités sont tellement nombreuses que le jeune héros s’y perd un peu. De restaurant végétarien en restaurant végétarien, André se laisse porter d’amant en maîtresse, sans jamais oublier de prendre un peu de recul sur sa délicate situation. Et dans le monde enchanté de l’auteur, personne ne manipule jamais personne, les uns et les autres se laissent librement porter par le désir, peu importe s’il porte vers un homme, une femme, une ancienne flamme ou un partenaire déjà pris… Alors bien sûr les êtres vivant pleinement  leurs désirs s’accrochent parfois à ses nœuds, mais n’y laissent jamais trop de plumes s’ils savent écouter le sang qui bat. Tant d’authenticité lumineuse fait de l' »Agenda des plaisirs » une véritable fête  à lire.

Abha Dawesar, « Agenda des plaisirs », trad. Laurence Videloup, Eho, 320 p., 20 euros.

 

Portrait © Arnaud Février