ec6b6d58e94eb5769172cd4cc5c9faf7 Jonathan Huxley | A manual for strange children
Lieu: Galerie Olivier Waltman

Adresse : 74 rue Mazarine, 75006, Paris
Du 03 juin 2017 au 09 juillet 2017 |

DESCRIPTION

Nous avons le plaisir d’annoncer la troisième exposition de l’artiste britannique Jonathan Huxley.
Avec A Manual For Strange Children, l’artiste nous montre le résultat de ses recherches formelles les plus récentes. Ce nouvel ensemble de travaux inclue des techniques mixtes sur papier de riz, toiles et panneaux métalliques. Il explore à la fois la relation présence/absence et sa connexion avec un degré narratif et métaphorique remarquable.

« Huxley peint des êtres humains. Se balader à travers sa dernière exposition, c’est comme flâner à Deptford High Street ou bien s’asseoir à la terrasse du café Costa en regardant la foule qui passe. Chaque personne possède sa propre histoire et tous sont confrontés à surmonter beaucoup d’épreuves. Le jeu de la vie fonctionne ainsi.
Par ces destins individuels, Huxley crée un art vivant avec du mouvement et des possibilités infinies. Au premier regard, qu’elle soit simple, monochrome, élégante ou rudimentaire chaque œuvre est trompeuse car elle regorge d’une puissance narrative certaine : de joie, de tragédie, d’amour, de violence, de bien ou de mal.
Deux silhouettes sont enfermées dans une pièce : sont-elles en train de danser, de se battre ou de s’aimer ? C’est à vous de décider.
Une ombre approche une femme : va-t-elle lui demander le chemin pour aller à la bibliothèque ou va-t-elle la tuer ? […]
Les œuvres de Huxley nous guident puis nous quittent. Il soumet des interactions, des aperçus de la parade humaine qui nous entoure puis, juste au moment où d’instinct nous savons que quelque chose va se passer, il se replie et nous laisse décider comment doit se résoudre l’instant.
Cependant, Huxley imprègne instinctivement ses fusains sur papier d’une sombre et menaçante atmosphère. Ils incarnent des vies vécues dans l’ombre, et que l’on entraperçoit à travers une faible lueur : elles sont captées, sur le vif, légèrement hors-champ.
Puis, d’un mouvement brusque mais éclatant et théâtral, nous nous retrouvons face à une grande toile rouge. Criarde après la terne et silencieuse intimité qui a précédé. Huxley possède cette capacité d’adaptation qui nous permet d’observer maintenant une œuvre totalement différente.
Ou bien est-ce nous qui sommes devenus différents ?
Nous sommes montés à l’intérieur d’un hélicoptère et nous trouvons très haut, nous sommes même au-dessus de tout, en train de regarder ces vies qui nous étonnaient par leurs détails intimes et ambigus. Elles sont toutes là-bas mais maintenant ce ne sont plus que de simples parties d’une masse.
Mais, cette fois encore, il y a cette ambiguïté qui persiste et nous devons prendre une décision. Cette foule est vivante et mouvante mais sommes-nous réellement en train de regarder une célébration ? Ou est-ce de la panique et un combat ? Cela pourrait très bien être les deux. A nouveau, Huxley nous laisse le choix.
Et après avoir changé son état d’esprit il nous retient, derrière les cordes et loin des personnages qu’il crée. Naturellement, il continue de jouer avec nous – garçons perchés dans les arbres ou gorilles ? – mais maintenant les ombres sombres devant l’arrière-plan blanc nous rappellent les foules filiformes de L.S. Lowry. Huxley se retire pour se révéler : il nous rappelle que toutes les vies et tous les drames que nous entrevoyons et auxquels nous réfléchissons font partie de ce défilé humain. »

David Spicer
Londres, mai 2017