WONDER WHEEL de WOODY ALLEN : Un sauveteur nommé désir

8 décembre 2017 Par
La Rédaction
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Pas facile de manger sa soupe sans en fiche partout lorsqu’on habite sous une grande roue racontait Alvy Singer dans Annie Hall où Coney Island – décor de Wonder Wheel – était déjà l’écrin de souvenirs plus ou moins heureux. De La Rose Pourpre du Caire en passant par Radio Days ou encore Minuit à Paris, Woody Allen a fait état des choses qui donnent de la couleur à un quotidien morose, à savoir le cinéma, le jazz, les carrousels et la littérature, tout ce qui flatte l’imaginaire ou l’enivre. Dans Wonder Wheel, tout fusionne. Tout concorde. Le narrateur est un écrivain déguisé en sauveteur bronzé, et les personnages de son drôle de conte sont tout droit sortis d’une pièce de Tennessee Williams : une épouse malheureuse, prisonnière de sa condition, un gamin (le sien), pyromane compulsif, un mari fana de flétan qui ne touche plus au scotch, sinon il a la main lourde, et une belle-fille menacée de mort qui revient voir son père après des années d’absence. Le temps est bon, le ciel est bleu. Le décor est heureux. Les touristes viennent gober quelques huitres et profiter du bord de mer. Mais sous le vernis (« Cheap thrills and good hot dogs »), la crasse, la poisse, des gangsters et des revers..