« Wildlife » de Paul Dano : un premier long-métrage maîtrisé en ouverture de la Semaine de la critique

10 mai 2018 Par
Yaël Hirsch
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C’est le premier long-métrage de Paul Dano qui ouvre avec la grâce de Carey Mulligan, la 57ème Semaine de la critique.

Carey Mulligan appears in Wildlife by Paul Dano, an official selection of the U.S. Dramatic Competition at the 2018 Sundance Film Festival. Courtesy of Sundance Institute. All photos are copyrighted and may be used by press only for the purpose of news or editorial coverage of Sundance Institute programs. Photos must be accompanied by a credit to the photographer and/or 'Courtesy of Sundance Institute.' Unauthorized use, alteration, reproduction or sale of logos and/or photos is strictly prohibited.

Dans les Etats-Unis des années 1960, un couple et son fils de 14 ans ne cessent de s’élancer au gré des emplois du père. Arrivés au Montana, aux confins du Canada, ils font face à une nouvelle crise quand ce dernier perd son travail et, après un moment de catatonie, s’engage pour aller combattre au péril de sa vie le feu qui dévaste les forêts. Dans le soutien et la patience jusque-là, la mère ne supporte pas ce dernier coup et décide de prendre sa vie en main – et celle de son fils qui ne demandait pas plus qu’un peu de stabilité, de sommeil et la possibilité d’aller à l’école.

Belle brochette de stars pour l’ouverture de la Semaine de la Critique : le jeune premier qui faisait se sentir vieux Ben Stiller dans While we’re young de Noah Baumbach signe une magnifique adaptation d’Une saison ardente de Richard Ford. Il compte à l’affiche de son premier long-métrage  Carey Mulligan et Jake Gyllenhaal dans le rôle des parents, ainsi que le talentueux Ed Oxenbould, dans le rôle du bon fils d’une famille des années 1960, pauvre et honnête. Très classique aussi bien dans sa facture, sa structure et sa musique (Mozart sacré et violoncelle), ce premier long-métrage de Paul Dano est mature, maîtrisé et émouvant. Les paysages du Montana sont sublimes mais savent rester des décors, Carey Mulligan joue à merveille une desperate housewife, mais son personnage est aussi une femme capable, intelligente et éprise de liberté. Tout en nuances, magnifiquement joué, juste jusque dans le nœud vert de la robe de cette mère qui se dérobe à l’autorité du mari quand lui ne tourne plus rond. La tragédie familiale marque et marche. Un beau film, sérieux candidat en lice pour la Caméra d’or.

Wildlife, de Paul Dano, avec Carey Mulligan, Ed Oxenbould, Jake Gyllenhaal, Bill Camp, USA, 2017, 1h44, Semaine de la Critique, sélectionné pour la Caméra d’or.

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