« Trash Fire », intrigant film au croisement des genres, bientôt en salles sans doute

21 septembre 2016 Par Geoffrey Nabavian | 0 commentaires

Grâce à son contenu, sombre, et à sa forme, qui opère un mélange relativement ludique, ce film de Richard Bates Jr., découvert en Compétition à l’Étrange Festival 2016, devrait pouvoir connaître les honneurs d’une sortie en salles chez nous.

Note de la rédaction :

Trash FireDrame familial, comédie acide, jeu de massacre, survival, portrait assez humain… Trash Fire est un peu tout cela à la fois. Mais avant toute chose, Trash Fire est un film qui regarde droit dans les yeux ce qu’il capte, et qui nous le donne à voir sans complaisance. On aura donc essentiellement face à nous des visages, nerveux ou abîmés : celui d’Owen, le héros (Adrian Grenier, loin d’Entourage, et très convaincant), jeune cynique aux graves problèmes psychologiques, atteint parfois d’épilepsie ; celui d’Isabelle, sa courageuse compagne (remarquable Angela Trimbur), désireuse de l’aider à garder les pieds sur terre, même à ses risques et périls ; et bientôt, celui de la grand-mère d’Owen (la grande Fionnula Flanagan), la plus horrible harpie qu’on ait vu depuis un moment sur un écran.

Dans la première moitié du film, on va suivre Isabelle et son compagnon dans leur vie, rendue tumultueuse par le comportement de ce dernier. Après de belles scènes de crise enregistrées sans effets superflus, et traversées par quelques souvenirs agressifs et flous d’un incendie commis par Owen – qui coûta la vie à ses parents, détestables – on verra ensuite notre antihéros faire une longue visite aux membres de sa famille encore en vie, avec pour but ultime, la réconciliation. L’occasion de scènes acides et à la limite d’être mortelles, partagées avec sa grand-mère, malade ultime plongée dans un délire pseudo-religieux. Une visite qui verra aussi l’introduction d’un personnage angoissant : Pearl, la jeune soeur (AnnaLynne McCord, très juste), rendue marginale à jamais par l’incendie…

Bien que sa durée, assez brève, empêchât quelque peu la mayonnaise du délire de monter totalement, que la figure de la grand-mère soit un peu artificielle, un peu trop évidente, en fin de compte – mais ne dit-elle que des choses vraies, lorsqu’elle se confesse ? – et que le frère d’Isabelle, incarné par le très bon Matthew Gray Gubler, disparaisse trop vite, on aime Trash Fire, film qui débouche, en fin de compte, sur quelque chose de dur, mais d’assez sensible et inattendu, aussi. Une atmosphère amenée par ses personnages, bien tracés, et leurs interprètes, tous talentueux. En équilibre entre humour noir et émotion juste, il constitue un objet tout de même assez étrange.

On rappelle qu’au terme de l’Étrange Festival 2016, des prix ont été remis dans la section Compétition. Le Grand Prix Nouveau Genre, décerné en partenariat avec Canal+ Cinéma, est allé, pour la toute première fois, à deux films ex aequo Jeeg Robot et Headshot. Ces deux œuvres seront achetées par Canal+ Cinéma pour une future diffusion. Le public, appelé à voter, a remis son Prix, lui, à Poésie sans fin – nous avions vu le film à Cannes, notre critique est à lire ici – qui bénéficiera donc d’une campagne publicitaire sur Ciné+. Côté courts-métrages, le Grand Prix Canal+ , en partenariat avec les Programmes Courts et Créations de Canal+, est allé à Klemet le Prix du Public à Strangers in the night. On a beaucoup goûté, cette année, les sections parallèles, dans lesquelles on a pu découvrir le beau Dark Circus – critique à lire ici – et la pépite Where horses go to diedont la critique repose ici. On remercie l’Étrange Festival d’être ce qu’il est : il permet de splendides découvertes, tranchées, ouvertes et humaines. On lui dit à l’année prochaine !

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Visuels : © Lawson Jr. / Mattis / Smith


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